Les tatoueurs non déclarés connaissent depuis la crise sanitaire un essor sans précédent, selon une enquête du magazine Capital. Les professionnels dénoncent des pratiques bâclées et sans hygiène.
Dans le milieu, on les surnomme les «scratcheurs» – les «gratteurs», en français -, histoire de montrer au public qu’ils ne jouent pas vraiment dans la même cour que les vrais professionnels. Leurs tatouages sont «souvent de mauvaise qualité» et réalisés «dans des conditions d’hygiène catastrophiques», selon Capital, qui estime qu’ils représentent «une bombe sanitaire à retardement».
«Ils officient dans leur cuisine, en soirée ou chez le client, avec un kit acheté sur Amazon. C’est le retour du fait maison», résume le magazine économique sur son site. Pourtant, le marché exploserait depuis deux ans. Interrogé par nos confrères, le Syndicat national des artistes tatoueurs (SNAT) affirme que plus de la moitié des tatoueurs sont désormais clandestins.
Chiffre, bien sûr, difficilement vérifiable… Mais une chose est sûre : l’environnement économique leur serait favorable. Si la crise sanitaire a conduit les tatoueurs réglementés à fermer leur boutique pendant un an, favorisant «l’essor de ces pratiques sauvages», les tarifs imbattables que proposent les «scratcheurs» les rendent encore plus attractifs dans un contexte inflationniste.
Une pratique à domicile problématique
Problème : la qualité des prestations serait au niveau des prix pratiqués, selon les professionnels, c’est-à-dire médiocre. «On rattrape de plus en plus de tatouages ratés, réalisés n’importe comment. Certains viennent en boutique [chez des professionnels qui ont ‘pignon sur rue’] pour recouvrir le tatouage ou carrément se faire détatouer», assure, auprès de nos confrères, Cécile Chaudesaigues, tatoueuse à Avignon, dont l’époux, Stéphane, est président de l’association Tatouages & Partage.
En ligne de mire, également, le respect élémentaire des règles d’hygiène, notamment celles imposées par la réglementation, avec un espace dédié au tatouage, un autre au nettoyage et à la stérilisation du matériel, voire à l’entreposage des déchets, l’absence d’animaux domestiques, etc. Des principes peu compatibles avec une pratique au domicile du client.



