En six ans, le groupe Ieva s’est construit par une série de rachats dans la beauté et les services associés. Désormais, l’entreprise franchit une nouvelle étape : elle ouvre son capital au marché. Il a annoncé mercredi son introduction en Bourse sur Euronext Growth Paris, rapporte le journal Les Echos.
Au total, 625 488 actions sont proposées au prix de 12,79 euros, pour un montant global de 8 millions d’euros. Une partie de cette somme, soit 3 millions d’euros, est déjà sécurisée grâce à un engagement de souscription du fonds BlueSpring géré par Bpifrance investissement. Au capital figurent également TF1, Unilever, le Crédit Mutuel et le groupe Seb.
Une croissance par acquisitions
Créé à Paris en 2020 par l’entrepreneur Jean-Michel Karam, le groupe s’est construit par une succession d’opérations de croissance externe dans la beauté et les services associés. «L’objectif de cette entrée en Bourse est d’accélérer les acquisitions», déclare le dirigeant, cité par le quotidien économique.
Affichant 43 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, Ieva a notamment repris l’Atelier du Sourcil, en 2020, puis le Boudoir du Regard, en 2021. L’an dernier, il a également repris My Little Paris, société de médias et de commerce en ligne auparavant détenue par TF1. Entretemps, en 2023, Ieva avait déjà racheté la marque de cosmétique Ioma, créée par Jean-Michel Karam en 2010 près de Grenoble avant d’être vendue à Unilever deux ans plus tard.
Aujourd’hui, l’entreprise s’organise autour de quatre activités : ses marques de beauté (maquillage, soins capillaires, visage et corps), un réseau de 130 boutiques baptisé «Experience» – dont 52 en propre et le reste en franchise -, une branche technologique dédiée aux données et à l’intelligence artificielle, et un pôle média issu du rachat de My Little Paris.
Vers un « Netflix de la beauté »
Le groupe met aussi en avant un modèle reposant en grande partie sur l’abonnement. L’entrepreneur revendique ainsi une approche inspirée des plateformes numériques : «Depuis le début, mon plan est de faire un Netflix de la beauté et du bien-être». Ce système lui permettrait de générer 60 % de revenus récurrents, dont 55 % issus des seuls abonnements numériques. Les services en boutiques représentent 20 % du chiffre d’affaires, les ventes de produits 19 %, les médias 3 % et les redevances 3 %.
L’entreprise espère atteindre la rentabilité dès 2026 et doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2028, poursuit «Les Echos». Pour l’heure, l’activité reste largement concentrée sur le marché français : 81 % du chiffre d’affaires est réalisé en France, contre 9 % dans le reste de l’Europe et 10 % en Asie, principalement en Chine et au Japon.
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