Le répit aura été bref. Selon Altares, la coiffure a enregistré 253 défaillances (+6,8%) au troisième trimestre, tandis que les soins esthétiques grimpent à 142 procédures (+17,4%). L’entretien corporel, qui comporte moins d’entreprises que les deux catégories précédentes, suit la même tendance, avec 42 défaillances (+16,7%).
Ces hausses s’inscrivent dans un contexte plus large de tension dans les services aux consommateurs, où la sinistralité atteint 613 procédures collectives (sauvegarde, redressement ou liquidation), soit +11% sur un an.
Au deuxième trimestre, la situation semblait pourtant s’améliorer : les activités de beauté affichaient un léger recul global de 1% des défaillances. La coiffure, en particulier, affichait une baisse de 6,7% (278 procédures, contre 298 un an plus tôt), tandis que les soins de beauté repartaient déjà légèrement à la hausse (+7,7%).
Cette stabilisation n’aura donc pas résisté à l’été. Le troisième trimestre efface les signaux positifs du printemps et confirme la vulnérabilité d’un secteur dominé par les très petites entreprises, fortement dépendantes du trafic local, de la fidélité de leur clientèle et de la stabilité des coûts.
Un record de défaillances à l’échelle nationale
Cette dégradation ne se limite pas à la beauté. Au niveau national, 14 371 entreprises ont fait défaut au troisième trimestre, soit une hausse de 5,2% sur un an. Le cabinet Altares évoque «un record pour une période estivale», plombé par un mois de septembre «plus sévère qu’attendu».
«Le mois de septembre, loin de confirmer les frémissements de début d’été, a refroidi les espoirs d’un retournement», analyse Thierry Millon, directeur des études d’Altares. Les TPE restent les plus exposées : celles de plus de cinq salariés enregistrent +9% de défauts, tandis que les PME de 10 à 19 salariés affichent +13%. Même les structures historiquement plus solides, «les plus grandes et les plus anciennes», sont désormais «sous pression».
Si la construction et le commerce de détail résistent, d’autres segments accusent le coup : l’industrie manufacturière (+17%) et les services aux entreprises (+9%), en particulier. Certaines régions basculent dans le rouge, comme Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et Corse, tandis que la Bretagne, PACA et le Grand Est tirent leur épingle du jeu, avec une baisse des défauts.
Des signes d’apaisement, fragiles mais réels
Depuis le début de l’année, 50 700 entreprises ont déjà défailli, soit 1 600 de plus qu’à fin septembre 2024. En rythme annuel, la France franchit la barre des 68 000 redressements ou liquidations, auxquels s’ajoutent 1 500 procédures de sauvegarde. «L’économie française est plongée dans un épais brouillard. L’incertitude est encore montée d’un cran, gelant les décisions d’investissement et d’embauche, même chez les dirigeants les plus aguerris», observe Thierry Millon.
Pour autant, malgré cette dégradation, quelques indicateurs incitent à la prudence plutôt qu’au pessimisme. Altares relève que la part des liquidations directes recule, au profit des redressements judiciaires et procédures de sauvegarde, désormais majoritaires. Le taux d’impayés mensuels des PME calculé par l’Urssaf reste sous 1%, et les retards de paiement s’allègent progressivement. La période des fêtes pourrait aussi apporter un peu d’air aux petites entreprises, les plus exposées aux tensions actuelles.
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