Les changements de saisons pourraient bien devenir un formidable levier d’innovation pour l’industrie cosmétique, selon la société d’études Mintel. Ainsi, de nombreuses marques ne se contentent déjà plus de modifier les couleurs et les senteurs de leurs produits pour séduire leurs clients.
«Les consommateurs sont de plus en plus conscients de l’influence de l’environnement sur l’état de leur peau et de leurs cheveux, et ils s’en préoccupent davantage», relève Jane Henderson, présidente de la division beauté et cosmétiques de Mintel. En 2014, les produits saisonniers ont représenté 11,1% de l’ensemble des lancements de cosmétiques, contre 9,8% en 2001, observe la société britannique.
Certes, la saisonnalité n’est pas une découverte pour les fabricants. La prise en compte des jours fériés, des fêtes et des périodes de cadeaux a toujours rythmé les achats et les promotions. Seulement, l’étude réalisée par Mintel met cette fois le doigt sur ce qu’elle appelle une « lacune du marché », autrement dit : une demande de soins qui prend aussi en compte les changements de saisons.
Des soins visage saisonniers en pleine croissance
Et la tendance semble la même sur tous les continents. Ainsi, quatre consommateurs allemands sur cinq (80%) estiment que leurs besoins en matière de soins visage évoluent tout au long de l’année, tandis que près de la moitié (48%) des Chinoises choisissent différentes marques pour adapter leurs routines beauté au rythme des saisons.
De coup, les soins visage saisonniers, qui plafonnaient à 0,5% des lancements mondiaux en 2009, ont atteint 1,2% l’année dernière, constate Mintel. Et déjà, une nouvelle génération de soins d’hiver propose une hydratation supplémentaire pour les peaux sèches ou très sèches, en mentionnant explicitement le type de temps, froid ou sec. Mieux : à l’avenir, «on devrait voir apparaître des boosters contre le temps froid et humide, ainsi que contre les sécheresses extrêmes», anticipe Vivienne Rudd, directrice insight, beauty and personnal care chez Mintel.
Apporter une réponse aux variations d’humeur
Les soins corps sont aussi concernés par cette tendance, rappelle Mintel. Plus de quatre Américaines sur dix (44%), qui utilisent des produits pour la douche ou le bain, demandent plus d’hydratation pour leur peau pendant l’hiver, alors que près de la moitié (48%) des utilisateurs de crèmes solaires américaines se disent intéressés par des produits permettant un auto-bronzage progressif.
Les possibilité offertes aux marques par la saisonnalité peuvent même aller plus loin, si l’on en croit la société britannique. «Les troubles affectifs saisonniers ou la dépression hivernale sont maintenant largement connus des consommateurs et le temps est venu pour des innovations capables d’apporter une réponse à ces maux, aussi bien que des produits pouvant séduire les consommateurs durant la saison estivale», poursuit Vivienne Rudd.
S’adapter aux particularismes locaux
Selon Mintel, plus d’un tiers (36%) des consommateurs britanniques ont déclaré s’être sentis d’humeur moins positive au cours des longs et froids mois d’hiver 2012-2013 et 23% ont estimé que le retour des beaux jours les incitait à s’offrir un nouveau look. Ce phénomène ne devrait d’ailleurs pas échapper aux fabricants de parfums, selon Mintel. Les deux tiers des consommateurs américains de fragrances se disent intéressés par des parfums qui influenceraient leur humeur ou soulageraient leur stress.
Reste que la saisonnalité ne s’appréhende pas forcément de la même façon à New York qu’à Shanghai. Mais Mintel y entrevoit encore une nouvelle piste pour l’innovation : «les fabricants de cosmétique pourront aussi s’inspirer des saisons spécifiquement localisées, telles que la mousson en Asie du Sud-est pour lancer des produits adaptés et séduisants ».



