Les métiers de la beauté se situent parmi les secteurs les moins rémunérateurs du travail indépendant, selon l’Urssaf. En 2024, les auto-entrepreneurs de la coiffure et des soins du corps déclaraient en moyenne 5 552 euros de revenus annuels, contre 7 641 euros pour l’ensemble des activités exercées sous le même statut, alors que, chez les indépendants classiques, le revenu moyen atteint 18 782 euros, soit deux fois et demie moins que la moyenne de l’ensemble des travailleurs indépendants (45 348 euros).
Ces écarts confirment la fragilité économique du secteur de la beauté, où la progression du nombre d’actifs ne se traduit pas par une réelle amélioration des revenus. Malgré leur poids dans l’emploi féminin et leur forte implantation locale, les métiers de la coiffure et du bien-être demeurent structurellement en bas de l’échelle des rémunérations.
Cette situation s’inscrit d’ailleurs dans une tendance plus large observée chez l’ensemble des auto-entrepreneurs. Selon l’Urssaf, leur revenu global atteint 15,7 milliards d’euros en 2024, en hausse de 7,2%, un rythme proche de celui de 2023 (+7,7%). Mais cette progression tient surtout à l’augmentation du nombre d’actifs déclarant un revenu (+6 %), et non à une véritable amélioration des revenus individuels.
Plus nombreux mais pas plus riches
Au final, le revenu moyen progresse à peine : +1,2% en euros courants, mais -0,6% en euros constants, c’est-à-dire une fois la hausse des prix prise en compte, malgré un ralentissement de l’inflation (+1,8% après +4,8% en 2023). Autrement dit, le pouvoir d’achat réel des auto-entrepreneurs recule, même si le statut continue de gagner en popularité.
Dans le secteur de la beauté, la tendance reste légèrement plus favorable. Les auto-entrepreneurs enregistrés dans la catégorie «coiffure et soins du corps» voient leur revenu moyen progresser de 2,4% en euros courants en 2024, après +1,1% en 2023. Corrigée de l’inflation, cette hausse reste modeste : +0,6% en euros constants, contre -3,6% un an plus tôt. Une amélioration fragile, qui reflète davantage un ralentissement de la dégradation qu’un véritable rebond du pouvoir d’achat.
LIRE AUSSI : Pourquoi tant d’auto-entrepreneurs renoncent à se développer ?



