S’inscrire comme auto-entrepreneur dans la beauté n’a jamais été aussi simple. En quelques clics, coiffeurs et esthéticiennes peuvent exercer à domicile ou à leur compte. Pourtant, derrière cette facilité d’installation, les données les plus récentes montrent qu’une activité économique réelle reste loin d’être acquise pour tous.
Selon l’Urssaf, 3,186 millions d’auto-entrepreneurs étaient administrativement actifs en France fin juin 2025, un chiffre en hausse de 6,8 % sur un an. Cette progression confirme l’attractivité persistante du statut, notamment dans les métiers de services et de proximité, parmi lesquels figurent la coiffure et les soins du corps.
Mais sur l’ensemble des auto-entrepreneurs recensés, seuls 49,8 % déclarent un chiffre d’affaires positif au deuxième trimestre 2025. Autrement dit, moins d’un indépendant sur deux a perçu des revenus grâce à son activité sur la période. Un écart significatif entre le nombre d’inscrits et ceux qui exercent réellement une activité rémunératrice.
Cette distinction repose sur deux notions différentes. Un auto-entrepreneur administrativement actif est immatriculé et en règle, qu’il ait ou non généré des revenus. Un auto-entrepreneur économiquement actif, en revanche, est celui qui a effectivement déclaré un chiffre d’affaires. C’est cette seconde catégorie qui permet de mesurer l’activité réelle du secteur.
Un secteur attractif mais instable
Le secteur «Coiffure, soins du corps» occupe ici une place particulière. Fin juin 2025, il comptait environ 138 000 auto-entrepreneurs administrativement actifs, selon les données de l’Urssaf. Cela signifie simplement que ces professionnels sont enregistrés et en situation régulière, sans que cela préjuge de leur niveau de revenus.
Sur un an (de juin 2024 à juin 2025), les effectifs continuent de progresser, d’environ 3 %. La dynamique d’entrée reste donc bien orientée : le modèle de l’auto-entreprise conserve son attrait dans la coiffure et l’esthétique, notamment pour le travail à domicile, l’indépendance dans l’organisation du temps et la possibilité de démarrer rapidement une activité.
Cette attractivité s’accompagne toutefois d’un turnover élevé. Sur les douze derniers mois, le secteur enregistre à fin juin près de 29 000 créations d’auto-entreprises, mais aussi environ 17 000 radiations. Le solde reste positif, mais ces flux traduisent une réalité mouvante, faite d’installations et de sorties rapides.
Dans les métiers de la coiffure et des soins du corps, le statut d’auto-entrepreneur est souvent utilisé pour tester une activité, compléter un revenu ou amorcer une transition hors du salariat. Les chiffres montrent que cette phase d’essai ne débouche pas systématiquement sur une activité pérenne.
Un chiffre d’affaires global élevé
Au deuxième trimestre 2025, le secteur «Coiffure, soins du corps» a généré environ 1,33 milliard d’euros de chiffre d’affaires trimestriel en auto-entreprise. Pris isolément, le montant peut sembler élevé, mais rapporté au nombre d’actifs, il donne une image plus nuancée de la réalité économique.
Le chiffre d’affaires trimestriel moyen par auto-entrepreneur s’établit autour de 3 470 euros et il recouvre des situations très contrastées : activité d’appoint, temps partiel subi ou activité plus installée.
Concrètement, cela représente environ 1 150 euros de chiffre d’affaires mensuel en moyenne, dont il faut encore déduire les cotisations sociales, les frais de déplacement, le matériel et les charges courantes. Un niveau qui illustre la faible valeur moyenne captée par professionnel, malgré un volume d’activité réel.
Enfin, sur un an, le chiffre d’affaires moyen progresse légèrement, de l’ordre de 2 à 3 %. Une évolution positive, mais modérée, surtout au regard de l’inflation, de la hausse des coûts et de l’intensité physique du travail dans ces métiers de contact. Bref, la croissance repose davantage sur le nombre d’actifs que sur l’amélioration des revenus individuels. Une progression contenue, sans véritable décollage.
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