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Apprentissage : le taux de rupture des contrats demeure très élevé

Un nombre élevé de ruptures de contrats d'apprentissage

Près d’un quart des apprentis déclarent avoir rompu leur contrat avant la fin, selon le 2e baromètre de l’alternance de la fondation Adecco, du cabinet Quintet conseil et de l’association Walt.

Si l’apprentissage bat des records depuis quelques années – le nombre d’entrées devrait franchir la barre des 800 000 en 2022 -, il comporte aussi un angle mort : un taux de rupture des contrats particulièrement élevé. Car selon ce nouveau baromètre, 24% des apprentis déclarent avoir rompu leur contrat en cours d’apprentissage, contre 11% pour les contrats de professionnalisation et 20% pour l’ensemble des alternants.

Un constat qui écorne un peu l’image de l’apprentissage, car tous les acteurs ont aujourd’hui une image très positive de l’alternance, au point d’y voir un moyen de faire face aux pénuries de compétences. Ainsi, 94% des entreprises estiment que le dispositif facilite l’insertion professionnelle, tandis que 89% des alternants sont persuadés que leur cursus est professionnalisant.

Pour les auteurs du rapport, «la proportion des interruptions de contrat reste un sujet d’inquiétude, notamment compte tenu de la jeunesse des alternants et de l’impact » d’une première rupture sur leur vie professionnelle future. Outre des problèmes de comportement et de savoir-être, pour 54% des entreprises, ils avancent plusieurs raisons à ce phénomène.

D’abord, des difficultés d’accès à l’alternance, qui «ne se réduisent pas d’une année sur l’autre». Ainsi, trouver les candidats adéquats reste la première difficulté pour 43% des entreprises interrogées, «notamment dans les régions où la densité est plus forte».

Peut être faut-il y voir des pratiques de recrutement «encore peu adaptées». Car seules 13% des entreprises proposent des mises en situation, note le rapport, alors que 76% recrutent encore «uniquement sur CV». «Or, plus l’alternant est jeune et moins son CV comporte d’expériences ou présente des compétences avérées», font observer ses auteurs. Selon eux, «trop peu d’entreprises prennent la peine de réaliser des tests (15%), de mener un entretien (13%) ou de mettre le candidat en situation (13%).

Faible professionnalisation des tuteurs

Autre faiblesse : l’insertion professionnelle est mal encadrée pour les principaux intéressés : 94% des alternants disent n’avoir bénéficié d’aucun parcours d’intégration, alors que la majorité des entreprises (60%) affirment déployer suffisamment d’action (formation, accompagnement par un tuteur, etc.).

Le rôle des tuteurs n’est pourtant pas exempt de critiques. Plus d’un alternant sur cinq (22 %) déclare qu’il n’en a pas eu au cours de son contrat, malgré l’obligation légale, à l’exception des plus diplômés (11% des bac+5 disent n’avoir pas eu de tuteur). Par ailleurs, la professionnalisation des tuteurs est encore peu répandue : 72% des entreprises ne leur proposent pas de formation dédiée.

Au final, les motifs de rupture de contrat divergent entre les entreprises et les alternants. Pour les premières, le plus souvent, ce sont les seconds qui n’ont pas donné satisfaction dans la réalisation de leurs tâches (58 %) ou dans leur comportement (54 %), tandis que, pour les alternants, la raison de leur départ, c’est qu’ils ne souhaitaient plus rester dans l’entreprise (28 %), voire que l’intégration s’était mal passée (22%) ou qu’ils avaient trouvé un emploi ailleurs (16%).

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