Comment imaginer aujourd’hui un monde sans vernis à ongles ? C’est devenu un élément incontournable de la beauté ! Le magazine américain Allure revient en vidéo sur l’évolution de ce petit flacon mythique depuis 100 ans.
1920
Au départ, les ongles étaient courts, nus et non vernis. Pour les faire briller, on utilisait alors des polissoirs en cuir. Tout va changer en 1920, quand la maquilleuse française Michelle Menard, s’inspirant des peintures ultra-brillante de l’industrie automobile, invente le vernis à ongle coloré. A la fin de la décade, la «moon manucure», qui consiste à vernir l’ongle en laissant libre la lunule, devient très populaire.
1930
En 1932, la marque Revlon perfectionne la formule de Michelle Menard et investit les boutiques avec toute une gamme de vernis colorés et brillants. Une mondaine parisienne, la princesse de Faucigny-Lucinge, lance la mode des ongles en forme d’amande vernies de rouge avec des extrémités argentées.
1940
Rita Hayworth était célèbre pour ses ongles rouges extra-longs. Dans le monde réel, les femmes raccourcissent leurs ongles en entrant sur le marché du travail. Mais elles continuent à prendre soin, en vernissant de rouge les ongles longs taillés en amande ou de rose tendre les ongles ovales et courts.
1950
Le dentiste américain Fred Slack a l’idée révolutionnaire de rallonger les ongles des actrices avec de la résine dentaire. Le succès est immédiat. En France, on les appellera longtemps «ongles américains». L’ongle est allongé, les bords carrés et le tout est recouvert de vernis rouge ou orange.
1960
Pour se différencier, la chanteuse Cher lance la mode des ongles naturels et carrés, en privilégiant des roses nacrés ou des teintes pêche. En 1962, Dior est la première maison de couture à commercialiser un vernis à ongles.
1970
Pour se démarquer à Hollywood, le fondateur de la marque Orly, Jeff Pink, invente la French Manucure, une mode qui s’adapte à tous les styles et qui ressurgit depuis à intervalles réguliers. Au-delà de l’effet de mode, c’est devenu une valeur sure de la manucure.
1980
A l’inverse de l’inspiration «naturelle» de la French, on voit apparaître des formes sophistiquées comme le squoval, un long ovale bombé terminé par une extrémité carrée. Madonna popularise les couleurs néon et les ongles multicolores.
1990
Vous avez dit Nail Art ? La tendance explose, avec des ongles longs en résine, sur-décorés, rehaussés de strass et de bijoux d’ongles… Ou, au contraire, des ongles courts revêtus de vernis sombre. Les artistes de hip hop comme Miss Elliot rivalisent d’extravagance : Lil’Kim, par exemple, affiche un dollar enchâssé dans la résine. Dans Pulp Fiction, les ongles d’Uma Thurman popularisent le coloris Vamp de Chanel.
2000
C’est l’avènement de l’ongle bling-bling. L’ongle devient source de créativité : Minx lance des patchs autocollants, Beyoncé les adopte et inspire les nailistas du monde entier. Lors de la crise de 2008, le nail art est une façon de s’exprimer et de s’offrir du luxe à petit prix. Il devient un accessoire incontournable des défilés de mode.
2010
Retour à la normale ? La tendance serait plutôt de réconcilier les extrêmes. Deux courants s’affrontent : les ongles naturels, juste rehaussés de quelques dessins minimalistes, d’une part, et les ongles stilettos aux longueurs exagérées et pointues, d’autre part. Les vernis gels semi-permanents détrônent les ongles en résine.




