INTERVIEW. Malgré la crise, l’entrepreneuriat féminin a le vent en poupe. Surtout, quand il touche des sujets comme le bio, le made in France et le zéro déchet, comme en témoigne le parcours de Carole Giboz, créatrice de Doux Good.
Profession bien-être : En 2014, vous avez créé Doux Good, le premier e-shop de «beauté engagée». Pourquoi cette démarche ?
Carole Giboz : Comme certainement d’autres entrepreneurs, c’est à la suite d’un licenciement et d’un déménagement, que j’ai éprouvé l’envie de tracer ma propre route. J’ai choisi les cosmétiques, parce qu’au départ, je voulais trouver des soins pour toute la famille, bio, naturels et made in France. Comme beaucoup de femmes, j’avais envie de jolies marques éthiques et engagées. Et ce n’était pas évident, il y a six ans, de dénicher ces pépites dispersées un peu partout en France.
Mais vous ne vous adressiez pas uniquement aux femmes ?
Non. Sur Doux good, dès le début, il existe des catégories pour toute la famille, femme, enceinte ou non, homme, bébé, enfant et adolescents. Une aventure loin d’être évidente, mais qui s’est révélée positive et passionnante. Le fait que je sois mère d’une famille nombreuse a bien sûr joué un grand rôle. Si mon site s’adresse aux femmes, il concerne surtout la famille au sens large.
Forte de ce succès, vous venez de lancer une nouvelle marque, dédiée au zéro déchet. Etes-vous une «serial entrepreneuse» ?
Peut-être ! Mais alors uniquement pour les valeurs que je porte au quotidien : le bio, le naturel, le zéro déchet, le végan et le Made in France ! Mais il est vrai que j’ai pris goût à l’entreprenariat, et je me suis fixé de nouveaux défis.
Mais pourquoi le zéro déchet ?
La crise du Covid-19 m’a confortée dans l’idée qu’il fallait apporter des réponses aux personnes qui s’interrogent sur la façon de mettre en place une démarche plus écologique. Au départ du projet, il y avait surtout l’envie de limiter notre production de déchets dans la vie de tous les jours. Si les jeunes générations se sentent ultra concernées par une démarche écologique, les personnes de ma génération progressent plus lentement. L’envie de bien faire n’est pas encore un réflexe et demande à être accompagnée.
Quels types de produits proposez-vous ?
Cela passe par des pailles écologiques, comestibles, recyclables ou biodégradables pour se faire plaisir sans mauvaise conscience, des sacs en vrac pour supprimer peu à peu les emballages jetables et des accessoires de cuisine pour avancer pas à pas vers une démarche de zéro déchet.
Vous vous attaquez aussi à l’eau en bouteille ?
Absolument. Nous allons ainsi commercialiser du charbon végétal traditionnel du Japon pour purifier et minéraliser l’eau du robinet. Une bonne façon de faire des économies et de supprimer les bouteilles en plastique.
Quelle distribution avez-vous prévue pour ces produits ?
Doux Good a connu son succès sur Internet. Pourquoi changer ? Tous les produits sont disponibles sur notre site depuis juillet. S’il est un domaine que la crise a mis en avant, en même temps que le fait de changer nos habitudes, c’est bien le digital…
Propos recueillis par Siska von Saxenburg.




