Dans son cabinet, les patientes arrivent souvent avec la même demande. Elles parlent du miroir, de la lumière du matin ou d’une photo récente. Mais surtout d’une zone précise. Pas les rides du front, pas les paupières, juste le cou…
«J’ai toujours été surprise, parce qu’elles arrivent et elles me disent ‘c’est ça qui m’importe !’, alors que, parfois, elles peuvent avoir des poches très importantes ou autre chose ailleurs sur le visage», observe le Dr Bérengère Chignon-Sicard, chirurgienne plasticienne à Nice et membre de la Sofcep (Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens), venue présenter à la presse, vendredi dernier, les grandes tendances de la spécialité.
Une zone sensible du vieillissement
Ce basculement des préoccupations n’est pas anecdotique. Dans les cabinets de chirurgie esthétique, les consultations pour le traitement du cou et de l’ovale du visage sont en nette progression, assure la chirurgienne. Longtemps considéré comme secondaire par rapport au visage, le cou s’impose désormais comme l’une des zones les plus scrutées par les patients.
«Le cou est souvent ce qui trahit le plus l’âge», relève le Dr Bérengère Chignon-Sicard. Et pour cause : cette zone joue un rôle important dans l’équilibre du visage. «Ça donne quand même un port de tête et une élégance au niveau de la structure faciale qui est intéressante», souligne la spécialiste.
Plusieurs phénomènes expliquent le vieillissement de cette zone : relâchement cutané, affaissement du muscle platysma, celui qui tend le cou, et parfois accumulation de graisse sous le menton. Autant de transformations qui modifient progressivement les contours du visage et la définition de la mâchoire.
Quand les injections ne suffisent plus
Autre particularité : contrairement à d’autres zones du visage, cette région reste aussi plus difficile à traiter par injections. Dans certains cas, les techniques non chirurgicales peuvent améliorer l’aspect de la peau ou la qualité des tissus, mais elles atteignent vite leurs limites quand le relâchement est important.
La prise en charge peut alors s’orienter vers une chirurgie cervico-faciale, qui permet de travailler simultanément sur le cou, l’ovale du visage et les contours mandibulaires. L’approche doit rester globale, associant lifting cervico-facial, lipofilling (graisse autologue), injections de biostimulateurs, traitements de la peau et, parfois, fils tenseurs.
«Ce qu’il ne faut pas, c’est avoir d’un coup un ovale tout tiré et le reste tout fripé. Ce n’est pas du tout joli», fait observer la chirurgienne, évoquant une situation qu’elle dit rencontrer régulièrement. L’objectif, insiste-t-elle, est d’obtenir un résultat harmonieux, qui ne modifie pas l’expression du visage. Bref, un «lifting haute couture».
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