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La socio-esthétique, un soin de support à part entière en cancérologie

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La socio-esthétique avait rendez-vous à l’Institut Pasteur, le 24 novembre, à l’occasion du congrès annuel du Codes, une école pionnière dans le développement de ce métier désormais défendu par d’éminents oncologues.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la socio-esthétique est un métier qui ne s’improvise pas. Mieux : «un métier à part entière», comme l’ont montré tous les intervenants à ce septième congrès organisé à l’Institut Pasteur, vendredi dernier, par le Codes, seule école habilitée en France à délivrer le titre de «socio-esthéticien(ne)» depuis 2007.

Médecins, travailleurs sociaux, universitaires, professeurs de médecine et, bien sûr, socio-esthéticien(ne)s se sont bousculés à la tribune pour présenter un état du métier et, surtout, des pistes de réflexions sur ses perspectives d’avenir, qui donnaient aussi à réfléchir sur la place de la beauté, une activité pas si futile que ça, dans la prise en charge des personnes atteintes d’un cancer.

C’est d’ailleurs au pôle de cancérologie du centre hospitalier de Tours, que ce Cours d’esthétique à options humanitaire et sociale (Codes) a vu le jour. Depuis, 1 200 socio-esthéticiennes y ont été formées. «Notre expertise, c’est la reconnaissance de France compétence, qui vient de renouveler pour cinq ans notre certification au RNCP», a fait valoir Marie Seguineau, directrice de l’école.

L’intérêt croissant des professionnels de santé pour ce métier, de plus en plus codifié, n’y est pas non plus étranger. «Il faut des démarches qui soient structurées et évaluées, pour pouvoir offrir des soins qui vont bien au-delà des soins de confort. On est ici dans un monde pragmatique et scientifique», rappelait le professeur Ivan Krakowski, également président de l’Association francophone pour les soins oncologiques de support (Afsos). 

Cette même association propose un nouveau référentiel destiné à la socio-esthétique en cancérologie. Supervisés par Cécile Bartolini-Grosjean, une socio-esthéticienne membre du conseil d’administration de l’Afsos, deux documents sont désormais à la disposition des professionnels sur le site de l’association : le premier traite de la formation, du métier et du cadre réglementaire, tandis que le second présente des fiches de bonnes pratiques.

« Derrière la tumeur, il y a un malade »

«Il faut savoir que les soins de support, ce n’est pas que du soutien «psycho-social» ou des soins d’accompagnement, encore moins des soins de confort… La beauté est un élément essentiel pour lutter contre la précarité et la désocialisation. Il s’agit d’être reconnu comme une personne à part entière», soulignait le Pr Krakowski, qui a participé à la définition des soins de support mise en place en 2004.

«On redécouvre, en fait, que, derrière la tumeur, il y a un malade. Et qu’il faut s’en occuper pour pouvoir l’aider à supporter les traitements et aller, non seulement vers une meilleure qualité de vie, mais aussi vers une meilleure espérance de vie», a insisté l’oncologue médical, avant de laisser la parole à son collègue, le Pr Claude Linassier, directeur du pôle prévention de Institut national du cancer (Inca).

Une intervention très attendue par le public, puisque la socio-esthétique ne figure toujours pas dans les soins de support retenus par l’Inca. Deux examens ont été déjà réalisés, en 2005 et 2015, à l’issue desquels l’institut s’est prononcé défavorablement. Le motif, toujours le même : un niveau de preuve scientifique jugé insuffisant.

« Soulager et embellir le corps vulnérable »

«À l’époque, on manquait d’informations. Aujourd’hui, deux essais thérapeutiques sont en cours», a expliqué le Pr Linassier. La reconnaissance du métier, notamment en cancérologie, reste donc, plus que jamais, l’objectif à atteindre. Et le Pr Krakowski reste optimiste : «Les soins de support s’appliquent à toutes les maladies chroniques, pour lesquelles il n’y a pas, parfois, de traitement spécifique. Ce sont des soins très importants».

Au fil du temps, la socio-esthétique y a trouvé ses propres marques, avec une formation spécifique, qui s’inscrit dans un cadre pluridisciplinaire (médecins, psychiatres, gériatres, mais aussi assistantes sociales, membres d’ONG, professionnels travaillant auprès de personnes handicapées, etc.). Un métier à part entière, sans aucun doute, qui ne se résume pas à une simple spécialisation de celui d’esthéticienne.

«C’est une autre façon de s’occuper du corps vulnérable», faisait ainsi observer la sociologue Gisèle Dambuyant-Wargny, auteure d’un livre consacré à ce métier : «La socio-esthétique : prendre soin, soulager et embellir le corps vulnérable » (édition Eirès). Pour autant, elle n’élude pas l’esthétique. « C’est une ressource tout à fait centrale dans vos pratiques», a-t-elle argumenté, forgeant, pour l’occasion, un nouveau concept : la «beauté vitale». 

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