Profession bien-être : Observez-vous depuis quelques années une hausse de la demande vers les soins technologiques ?
Ghislain Rolet : Oui. Depuis la sortie du Covid, les clientes ont un peu réinventé leurs besoins et leurs attentes avec des soins qu’elles ne retrouvaient pas forcément à la maison. L’épilation traditionnelle à la cire a été remise en question avec le confinement, mais la technologie a tout de suite permis de relancer l’activité dans nos centres. Nos clientes préfèrent peut-être avoir un panier moyen un peu plus élevé mais avec des résultats plus rapides et plus durables.
Comment associez-vous l’accompagnement et le conseil personnalisé à la technologie, deux services de plus en plus recherchés par les consommateurs ?
Si l’on prend la minceur, par exemple, on débute toujours par un bilan initial qui permet de définir des objectifs clairs. Le parcours de la cliente est ensuite ajusté pour répondre à ses besoins spécifiques et adapté au fil de l’évolution de la cure. On offre ainsi un suivi personnalisé en utilisant diverses technologies, dont beaucoup fonctionnent en mains libres.
Quelles technologies utilisez-vous ?
Au départ, on vise une perte de poids globale en appliquant des soins sur l’ensemble du corps. On utilise des ultrasons et des micro-courants grâce à un appareil multifonction qui favorise la réduction centimétrique. Ensuite, on passe à des soins chauds et détox pour activer le processus de minceur. Enfin, la presso-esthétique permet de travailler la rétention d’eau et d’éliminer aussi les graisses libérées.
Comment vous adaptez-vous à chaque cliente ?
Il y a un bilan qui est fait semaine après semaine. En plus des technologies, il y a aussi un coaching alimentaire. Les technologies vont faire perdre des centimètres mais c’est l’alimentation qui va faire perdre réellement du poids. La synergie avec les compléments alimentaires Physiomins que nous utilisons nous permet d’ajuster progressivement le soin le plus adapté. On utilise également une balance à impédancemétrie pour analyser la perte obtenue, ce qui nous permet ensuite de choisir la technologie la plus appropriée en fonction des résultats.
La minceur, c’est un soin saisonnier. Comment arrivez-vous à lisser le chiffre d’affaires toute l’année avec ce type d’activité ?
Détrompez-vous : la minceur, on en fait toute l’année ! On parlait souvent de la minceur avant l’été mais la demande n’est plus seulement esthétique, elle est aussi tournée vers le bien-être. Pour être bien dans sa tête, on veut être bien dans son corps ! C’est pourquoi, sur le plan marketing, on a retravaillé tout notre wording. Certes, avant l’été, il y a toujours un effet bikini, mais, aujourd’hui, on souhaite perdre du poids et être mieux dans son corps tout au long de l’année.
Vous proposez aussi de l’anti-âge… Sous quelle forme ?
On un appareil multifonction qui nous permet de travailler le grain de peau, avec de la radio fréquence, également des ultrasons, pour faire pénétrer des actifs, et on termine par la pose d’un masque LED, avec différentes couleurs pour pouvoir traiter diverses indications et personnaliser le soin. La demande de soins technologiques pour le visage se développe, c’est pourquoi nous avons signé un partenariat avec la marque Ioma pour le diagnostic de peau. Cela va nous permettre d’avoir une expertise encore plus poussée sur le bilan de départ pour fixer l’objectif avec la cliente.
Votre troisième pôle d’activité, c’est l’épilation durable. La publication du décret sur le laser, en mai dernier, vous l’attendiez avec impatience ?
Oui, tout à fait. Nous travaillons avec la lumière pulsée depuis un certain temps, mais avec la mise en avant actuelle de cette technologie et l’arrivée du laser, il était essentiel pour nous d’équiper rapidement l’ensemble de notre réseau. En tant que centre de technologie, nous devons toujours proposer les dernières innovations. Une grande partie de nos partenaires a immédiatement manifesté l’envie d’acquérir le laser, que nous avons mis à disposition très rapidement. D’un point de vue marketing, la demande des clientes se dirige de plus en plus vers le laser, et nous constatons donc une forte augmentation de la demande pour l’épilation durable.
Et parmi ces trois activités, quelle est l’activité qui vraiment se développe le plus rapidement ?
La minceur représente 60% de notre activité sur la minceur. Pourquoi ? Parce que c’est un marché qui nécessite une fidélisation importante, avec une récurrence des soins et un travail de confiance entre le centre et le client. Avec une vraie différenciation par rapport à de l’institut traditionnel, qui va proposer peut-être une technologie mais pas un accompagnement comme on peut le faire.
Prochainement, on va lancer une application de suivi client, permettant un accompagnement à domicile. Aujourd’hui, on offre un suivi physique en centre, mais demain, grâce à cette application, nos clients pourront suivre leurs indicateurs de minceur et recevoir des conseils personnalisés, des notifications, des recettes, etc. La minceur est donc au cœur de notre métier, suivie de près par l’épilation, qui connaît une forte croissance, notamment depuis l’entrée en vigueur du décret sur le laser.
En vous écoutant, on pourrait croire que la technologie finira par remplacer le travail manuel des esthéticiennes. Pensez-vous que cela pourrait se substituer à leur activité traditionnelle ?
Non, parce que la technologie doit être bien conseillée. On aura toujours besoin d’une esthéticienne qui va faire le bon choix. Si l’on ne conseille pas la technologie adaptée à chaque personne, les résultats ne seront pas à la hauteur des attentes. Donc, non, la technologie ne remplace pas l’esthéticienne, elle en est le prolongement.
Le savoir-faire reste indispensable, mais la technologie permet d’obtenir des résultats plus rapides, plus durables, et elle soulage l’esthéticienne. Par exemple, celles qui pratiquent le palper-rouler toute la journée finissent par s’épuiser, et l’efficacité de leurs gestes diminue. Une machine, en revanche, maintient la même intensité tout au long de la journée, garantissant ainsi un résultat constant.
Quel est l’investissement initial pour une esthéticienne souhaitant collaborer avec vous ?
Le concept démarre à partir de 120 000 euros, tout compris : travaux, technologies, formation et marketing. C’est un investissement qui se rentabilise rapidement. Certains centres réalisent déjà entre 20 000 et 25 000 euros dès le premier mois d’ouverture. Nous ciblons principalement des villes moyennes et des axes facilement accessibles, car les clients viennent en général une à deux fois par semaine. Ce choix d’implantation, couplé à une stratégie de marketing digital performante, permet de générer du trafic rapidement. De plus, avec un panier moyen élevé et des facilités de paiement à partir de 80 euros par mois, les soins deviennent accessibles pour les clients tout en assurant une rentabilité solide pour le centre.
Propos recueillis par Georges Margossian.
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