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La Cnaib dénonce un lobbying médical qui « bloque toute avancée »

CNAIB

Dans un communiqué publié mercredi, la Cnaib alerte sur un cadre réglementaire jugé «obsolète et flou», qui freine les esthéticiennes malgré l’essor du marché. En cause, selon elle, la pression persistante des lobbys médicaux, qui favoriserait «des pratiques clandestines parfois dangereuses».

«Pourquoi interdire aux esthétiques le microneedling, une technique superficielle stimulant la production de collagène, alors que le tatouage et le piercing, bien plus intrusifs, sont autorisés sous simple déclaration ? Pourquoi permettre à des centres de bien-être non encadrés de proposer des soins minceur ou des traitements de la peau qui devraient exiger une formation stricte ?», s’interroge la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté. 

Selon l’organisation patronale, des pratiques longtemps tolérées peuvent être interdites du jour au lendemain, plongeant les esthéticiennes «dans une insécurité juridique et financière». Une situation qui persiste, en partie, en raison de la pression exercée par certains médecins esthétiques, «qui n’hésitent pas pourtant à sous-traiter les soins à des non-médecins, profitant du flou législatif et lobbys influents», pointe la confédération. 

«Traditionnellement, tout acte entraînant une effraction cutanée était réservé aux médecins, une règle justifiée dans le passé, mais qui ne prend plus en compte l’évolution des technologies et des compétences professionnelles», rappellent les représentantes des esthéticiennes, qui regrettent que la France reste à la traîne, estimant que de nombreux pays européens ont déjà adapté leur réglementation pour permettre aux esthéticiennes qualifiées d’exercer ces soins en sécurité.

« Clarifier le périmètre des soins esthétiques »

Un retard réglementaire qui, selon la Cnaib, ouvre la voie à des dérives, comme, par exemple, le développement de pratiques illégales, des formations non encadrées et des interventions à risque réalisées en dehors de tout cadre sanitaire, dont les annonces se multiplient sur les réseaux sociaux.

Face à cette situation, la confédération demande aux pouvoirs publics une «réforme en profondeur du secteur de l’esthétique», afin de clarifier la réglementation et le périmètre des soins esthétiques, créer un cadre de formation reconnu et encadré, et permettre aux esthéticiennes de prendre en charge certains actes non médicaux pour soulager les médecins.

LIRE AUSSI : Dans une tribune, la Cnaib appelle à « une réforme ambitieuse de la réglementation »

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