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Sabrina Saura : « Arrêtons d’accabler les esthéticiennes à domicile »

esthéticienne essentielle 2

La position d’Edouard Falguieres (Guinot-Mary Cohr) continue à susciter des remous parmi les professionnelles. Profession bien-être a joint Sabrina Saura, créatrice du réseau «Le refuge du bien-être», qui regroupe des esthéticiennes à domicile.

Profession bien-être : L’intervention du groupe Guinot vous a révoltée ?

Sabrina Saura : C’est le moins que l’on puisse dire ! Voilà des années que le groupe Guinot méprise les esthéticiennes à domicile. Monsieur Falguières a même prétendu que nous manquions d’hygiène, voire que nous n’étions pas qualifiées… Or, que je sache, nous sommes toutes soumises aux mêmes règles, domicile ou pas. Nous sommes toutes diplômées, et titulaires au moins d’un CAP.

Pourquoi cet acharnement ? Tout le monde n’a pas le goût de travailler en institut, ni la possibilité de se mettre des charges lourdes sur le dos. Certaines d’entre nous préfèrent des horaires flexibles, ou encore se consacrer à une clientèle qui n’a pas les moyens de se déplacer jusqu’à l’institut. En territoire rural, l’esthéticienne à domicile a un véritable rôle de lien social. Que ce soit pour une personne âgée, qui ne peut se déplacer, ou une mère de famille qui doit garder ses enfants.

-> À LIRE AUSSI : Esthétique à domicile : Guinot-Mary Cohr sème la confusion

Est-ce à dire que le milieu urbain ne convient pas au travail à domicile ?

Soyons clairs : entre les déplacements en ville, les bouchons et les immeubles sans ascenseur, il n’y a pas de vraie rentabilité pour l’esthétique à domicile dans une grande ville. La situation est différente à la campagne et en milieu rural. C’est le cas aussi des Beauty Trucks, cette nouvelle forme d’institut itinérant qui permet de proposer des prestations beauté même dans les villages les plus isolés, grâce à un utilitaire spécialement aménagé. Une idée venue des Etats-Unis et qui commence à prendre en France.

Pourquoi cet intérêt particulier pour les esthéticiennes à domicile ?

Peut-être parce que je suis à mon compte depuis 2011 et que je connais bien les difficultés de ce métier ! Comme les esthéticiennes à domicile ne travaillent pas dans un établissement recevant du public, elles n’ont pas le droit au click& collect par exemple… Et au niveau des aides, dans la mesure où elles gagnent moins qu’un institut, elles ont été très peu soutenues. Et certainement pas au niveau de leurs besoins quotidiens.

Pour toutes ces raisons, j’ai créé en 2017 un réseau pour soutenir ces grandes oubliées de la profession intitulé «Le refuge du bien-être». Lors du premier confinement, nous avons organisé pour nos franchisées un service de click and collect, nous avons passé des accords pour elles avec notre marque partenaire, Soskin, pour qu’elles puissent vendre des produits, ce qui n’est pas le cas en temps normal.

Votre réseau concurrence-t-il We Casa ?

Absolument pas. Nous ne faisons pas le même métier. Certaines de nos franchisées peuvent d’ailleurs à l’occasion travailler pour cette plateforme de réservation de soins à domicile. Si monsieur Falguières les cite dans son interview, c’est leur faire un mauvais procès. Dès qu’il a été officiel que les prestations esthétiques à domicile étaient interdites, les dirigeants de la plateforme ont supprimé tous ces soins de leur site.

L’esthéticienne à domicile étant par essence indépendante, quel intérêt pour elle d’entrer dans un réseau ?

Tout simplement pour bénéficier d’un certain nombre d’avantages qu’elle ne pourrait pas s’offrir toute seule. Un réseau va permettre d’intégrer une marque partenaire et de négocier de façon plus efficace. L’esthéticienne pourra ainsi disposer de protocoles originaux. Cela permet d’uniformiser les soins à l’intérieur du réseau. La cliente, qu’elle soit dans le Tarn et Garonne, ma région, ou en Alsace, bénéficiera ainsi de la même qualité de soins. C’est un point important pour rassurer les clientes potentielles.

Quoi qu’il en soit, c’est peut-être l’esthéticienne à domicile qui a le plus besoin d’appui au quotidien. Car il y a toute une série de taches, comme la communication, les réseaux sociaux ou le digital, qu’elle ne maîtrise pas. Et comment lui en vouloir ? Elle n’a pas été formée pour cela. Ce sont autant de points qu’un réseau peut l’amener à résoudre. Et lui permettre d’exercer ce qu’elle fait le mieux : le soin.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

 

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