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La crise affecte toutes les esthéticiennes, et pas seulement les gérantes

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Esthéticienne à l’institut Guinot de Brive, en Corrèze, Laurie Gauthier a confié à Profession bien-être les traumatismes créés par les confinements successifs qu’elle a subis avec ses collègues salariées, dont la profession a été jugée «non essentielle».

«Il n’y a pas que les gérantes qui souffrent de la situation, nous sommes toutes concernées», soupire Laurie Gauthier. Si l’esthéticienne de 28 ans a repris le chemin de son institut à Brive, en Corrèze, ce n’est pas sans appréhension. Trois confinements en l’espace d’un an, cela commence à faire beaucoup !

Elle reconnait avoir passé le premier dans une stupeur accablée. La situation était nouvelle pour tout le monde et l’inquiétude réelle. Mais aujourd’hui, elle relativise. «Nous avons bénéficié du chômage partiel, donc la situation n’était pas aussi critique que si j’avais été à mon compte», reconnait-elle, même si jamais la jeune femme n’était restée aussi longtemps sans activité.

Laurie Gauthier a la chance de travailler pour une entreprise solide, qui possède plusieurs établissements, que la gérante, Annette Guerrier, s’efforce de relancer malgré les difficultés accumulées depuis un an. Mais à terme, si la situation s’éternise, sa direction pourra-t-elle continuer à maintenir son emploi ? La crainte est palpable. «Nous risquons tous de nous retrouver sur le carreau», s’inquiète la jeune femme.

Elle a déjà, derrière elle, dix ans d’expérience professionnelle. Et des diplômes, elle n’en manque pas : CAP et BP d’esthétique, CQP de spa praticien, CQP de prothésiste ongulaire… Laurie pense avoir démontré sa motivation et ses compétences, mais, comme pour l’ensemble de la profession, se voir considérée comme non-essentielle l’a atteinte au plus profond de sa fierté.

«C’est tellement injuste ! En quoi sommes-nous moins essentielles qu’un chocolatier, qu’un toiletteur de chien ou un fleuriste ? Nous prenons soin des corps mais aussi du moral de nos clientes !», s’insurge l’esthéticienne. Ce troisième déconfinement, elle l’a espéré, mais aussi redouté. En mai 2020, elle était d’attaque dès le premier jour de la réouverture des instituts, avec des plages horaires élargies et des nouvelles consignes de sécurité, reçues à la veille…

« Si cela recommence… »

«Nous n’en pouvions plus. À la fin de la journée, nous étions totalement épuisées. Même nos clientes, que nos mesures rassuraient, trouvaient que nous en faisions trop !», se souvient la jeune femme. Au bout d’un certain temps, il a bien fallu modifier certains détails. La désinfection systématique, oui, mais la visière par-dessus les lunettes et le masque, c’était inutile et contreproductif. Surtout durant une l’épilation : entre plastique et buée, difficile de traquer le poil rebelle !

Après une année compliquée, la perspective de reprendre pour la troisième fois l’activité, avec toutes les contraintes d’une réouverture, est plutôt lourd à gérer. Encore bénéficie-t-elle d’une bonne entente avec son employeur, avec lequel elle a conclu un arrangement sur les congés payés qu’elle doit percevoir.

«Si cela recommence, j’ai beau vraiment aimer mon métier, je sais que je vais me poser des questions. Et peut-être changer de secteur…», lâche Laurie, dans un moment de découragement. Bref, l’ambiance n’est plus la même qu’au printemps dernier, où l’on pensait que tout était bel et bien fini. C’est un peu comme dans le film «Un jour sans fin», avec l’impression de devoir encore repartir pour un tour…

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