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Fermetures des instituts de beauté : le ras-le-bol des esthéticiennes

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La tension est toujours palpable chez les esthéticiennes, dix jours après l’extension des fermetures des instituts au niveau national. Certaines tentent de faire entendre leur détresse, d’autres s’interrogent sur leur avenir.  

Marianne Demestre a choisi l’humour et la bonne humeur, posant nue avec un écriteau sur lequel il est écrit : «3ème pseudo confinement… Ils vont arriver à nous mettre à poil». Esthéticienne depuis 25 ans aux Sables-d’Olonne, en Vendée, elle fait part de son incompréhension, entamant son quatrième mois de fermeture depuis le début de la crise sanitaire.

«L’hygiène fait partie intégrante de notre métier. Cela s’est même accentué au gré des protocoles. Depuis le début de la crise sanitaire, on désinfecte devant le client. On désinfecte et stérilise le matériel et on a fait respecter très scrupuleusement le principe de jauge à l’intérieur du magasin. On pourrait quasiment opérer ici», explique la jeune femme à la presse locale.

Une exception ? Pas vraiment. Aucun cluster ne s’est jamais déclaré au sein d’un institut de beauté, assurent les esthéticiennes. Et si la nouvelle liste des commerces dits «essentiels», concoctée début mars par le gouvernement, a intégré des activités comme la librairie, les marchands de fleurs ou… la coiffure, l’esthétique, elle, est restée sur la touche.

«Nous ne sommes pas que des tartineuses de crème. Nous avons un rôle d’écoute important. Nous apportons du bien-être à nos clients qui, eux aussi, souffrent de la crise. Ils ruminent. Nous sommes, dans ce sens-là, nous aussi, essentielles», insiste Marianne Demestre. Son incompréhension est largement partagée. D’autant que le public n’a jamais eu autant besoin de bien-être…

«Je suis surprise de la demande de plus en plus grandissante et du besoin exprimé de bien-être et de relaxation. Il faut savoir qu’ici, en soins, je n’accueille qu’une personne à la fois dans des conditions d’hygiène optimales, que je travaille seule et que durant les soins, la porte du salon est fermée. C’est pourquoi je suis triste et en colère de devoir pour ce troisième confinement à nouveau fermer boutique», regrette Magali Arzur, esthéticienne à Briec (Finistère), citée dans Ouest-France.

« Il est plus simple de laisser les coiffeurs ouverts »

Même désarroi à Auch, dans le Gers, où les esthéticiennes et les prothésistes ongulaires ont aussi mal vécu cette décision. «Je comprendrais mieux si on nous retirait certaines prestations, comme les soins du visage où on enlève le masque, mais qu’on puisse rester ouvert», déclare à La Dépêche Alexandra Bornand, patronne du salon Bio’tiful, dont les produits bio, périssables, doivent être mis au rebut.

Pour Leslie Granier, présidente de la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté et spas dans le Tarn (Cnaib 81), ce n’est pas qu’une «question de respect des gestes barrières», il y aussi un enjeu économique. «Il est plus simple de laisser les coiffeurs ouverts plutôt que les mettre en chômage partiel», avance la responsable, dans La Dépêche.

«Peut-être que les hommes politiques qui ont pris cette décision ne fréquentent pas les instituts des beauté, à l’inverse des salons de coiffure», s’interroge, pour sa part, Edouard Falguières, directeur du développement international chez Guinot-Mary Cohr, sur Sud Radio. «L’esthétique à domicile est autorisée. Cela crée aussi un déséquilibre concurrentiel que l’on souhaite rétablir», ajoute le responsable, dont le groupe a déposé mercredi un recours en référé-liberté auprès du Conseil d’Etat pour obtenir la réouverture des instituts.

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