Le 30 mars, le tribunal correctionnel de Rennes a prononcé un jugement contre deux sœurs qui avaient pratiqué des «injections d’acide hyaluronique» sans autorisation entre octobre 2019 et octobre 2020.
La plus jeune des deux sœurs a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis et l’aînée à 8 mois avec sursis. Elles ont aussi été interdites d’exercer en tant qu’esthéticiennes pendant trois ans et devront payer des cotisations à l’Urssaf, dont le montant sera fixé lors d’une audience ultérieure, prévue le 15 mars 2024, rapporte France 3 Bretagne.
Sans diplôme d’esthéticienne, les deux jeunes femmes se présentaient sur Internet comme «médecins esthétiques». Elles proposaient des injections d’acide hyaluronique, ainsi que des lentilles et des baumes à lèvres. La cadette aurait suivi des formations non reconnues en France, auprès d’une habitante de Courbevoie, participant à une émission de téléréalité, et d’un médecin russe.
Certaines clientes ont décrit des expériences douloureuses, dont l’une ayant été piquée jusqu’à l’os de la mâchoire pour traiter un double menton. Les sœurs demandaient un acompte de 70 euros via PayPal et un complément pour des prestations pouvant atteindre 400 euros. Elles opéraient principalement en France et en Suisse, mais également à Dubaï (Émirats arabes unis).
L’acide hyaluronique n’est pas un médicament
Leur société d’injections, enregistrée uniquement au Maroc, n’a jamais déclaré d’activité en France, et leur chiffre d’affaires est estimé à plus de 210 000 euros. Elles étaient donc également jugées pour travail dissimulé. La condamnation a soulevé aussi d’autres questions juridiques, car l’acide hyaluronique, disponible en vente libre, n’est pas considéré comme un médicament.
Toutefois, le procureur de la République a argué que le problème réside dans les injections, qui vont au-delà du soin esthétique : «Ce n’est pas tant le produit qui pose problème mais les injections», puisque l’objectif est bien de «diffuser le produit dans les tissus en pénétrant à l’intérieur», a-t-il estimé.
L’avocat des deux sœurs a quant à lui souligné que cette pratique n’avait pas encore été réglementée, et qu’on ne pouvait punir que ce qui était prévu par la loi. Les jeunes femmes ont dix jours pour faire appel.
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