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Harcèlement : des esthéticiennes témoignent en Ile-de-France

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Appels obscènes, messages déplacés, comportements inappropriés en cabine… Des esthéticiennes témoignent dans Le Parisien d’un harcèlement sexiste et sexuel devenu récurrent, avec plusieurs sollicitations par jour, qui pèse sur l’exercice de leur métier.

Le téléphone sonne. Une demande d’épilation, banale en apparence. Puis les questions dérivent, la voix change. À l’autre bout du fil, l’homme insiste, respire fort. Pour certaines esthéticiennes, ces appels ne sont plus des exceptions, mais une routine. Selon Le Parisien, de nombreuses professionnelles de l’esthétique en Île-de-France décrivent un harcèlement sexiste et sexuel devenu récurrent, entre appels obscènes, messages déplacés et comportements inappropriés en cabine.

Une vague d’appels obscènes

Dans son institut de Colombes (Hauts-de-Seine), Christiane, praticienne en épilation laser, enchaîne les sollicitations. En quelques heures, elle reçoit plusieurs appels du même type. Au téléphone, certains hommes se présentent comme des clients, avant de multiplier less explicites : « Vous épilez partout ? Et vous finissez tout ? ».

La professionnelle évoque aussi des appels tardifs et des messages répétés sur les réseaux sociaux. Mais elle explique ne pas pouvoir filtrer totalement : «Je suis obligée de répondre, j’ai ma clientèle derrière. Quand tu es pro, tu réponds». À l’origine de cette vague, un simple post publié sur Facebook pour promouvoir ses prestations, mentionnant notamment l’épilation du maillot.

Certaines situations vont plus loin. Une responsable évoque des clients aux «demandes bizarres», identifiables à leurs questions insistantes. «Pas une esthéticienne en France n’a pas eu un appel tordu», assure Claire, la patronne d’un institut de beauté dans une petite commune du Val-d’Oise.

Des stratégies pour se protéger

Dans de rares cas, des comportements déplacés surviennent en cabine. Christiane décrit un épisode «traumatisant» survenu en 2009, quand un client s’est présenté nu, dans une posture suggestive. «Une scène comme celle-là, ça peut briser une carrière», se souvient-elle. 

Face à ces situations, les professionnelles s’organisent : filtrage des clients, vigilance accrue… Des consignes sont aussi données aux apprenties. «S’il se passe quelque chose en cabine, il faut sortir», les prévient Claire. Des initiatives apparaissent aussi en ligne. Dans le Val-d’Oise, un groupe Facebook rassemble 16 000 esthéticiennes, qui échangent des alertes et signalent des comportements suspects.

Certaines choisissent désormais de ne plus proposer de prestations aux hommes. En cause, selon Nadège Dekenuydt, co-présidente de la Cnaib, citée par Le Parisien, une confusion persistante entre instituts de beauté et «faux instituts» proposant des prestations intimes, difficile à réguler.

LIRE AUSSI : Fake injectors : quand des esthéticiennes basculent dans l’illégal

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