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Instituts : comment réagir face a une esthéticienne enceinte ?

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Une gérante d’institut de beauté, qui apprend qu’une de ses esthéticiennes est enceinte, se retrouve tiraillée entre la protection de sa collaboratrice et ses obligations de chef d’entreprise. Conseils pour ne pas vous laisser dépasser par la situation.

Valérie se souvient encore du jour où Marylin, sa meilleure esthéticienne, est arrivée le sourire jusqu’aux oreilles avec son certificat médical et la première échographie de son bébé. Ou plutôt de ses bébés, puisqu’elle attend des jumeaux ! «Je n’ai pas été vraiment surprise. J’ai suivi toutes les étapes de ce désir d’enfant, dûment planifié. Ce que je n’avais pas prévu, c’est la perturbation que cette grossesse allait provoquer dans le quotidien de l’institut», raconte cette quadragénaire pragmatique

Elle-même mère de deux enfants avec des grossesses vécues auprès de deux patrons très différents, Valérie est consciente de ses responsabilités en tant qu’employeur. Elle connaît l’importance d’une bonne ambiance de travail, surtout pour une femme enceinte. «Je sais à quel point une réaction positive est importante. Je me suis donc réjouie avec ma collaboratrice», assure-t-elle. Elle signe alors le récépissé que lui tend son employée en la félicitant.

Des formalités incontournables

Mais, en se plongeant dans le dossier, Valérie déchante un peu. En France, aucune obligation n’existe concernant la date de déclaration de la grossesse à l’employeur. Elle a eu de la chance : Marylin l’a prévenue très vite, notamment pour bénéficier des avantages dès le troisième mois de gestation. Sage précaution : une femme enceinte ne prévenant pas son employeur avant son départ en congé maternité est considérée comme démissionnaire.

En faisant les comptes, Valérie sent petit à petit ses cheveux se dresser sur sa tête. Son esthéticienne sera absente au minimum seize semaines, soit six semaines avant la date présumée de l’accouchement et dix semaines après. Et comme Marylin attend des jumeaux, les congés sont allongés à douze semaines avant et vingt-deux semaines après, soit plus de huit mois d’absence. Encore heureux qu’elle n’attende pas des triplés, le congé maternité passerait à plus de onze mois !

Dès le lendemain de l’annonce, Valérie tente d’évaluer combien de temps Marylin va encore pouvoir travailler à l’institut. C’est le début de la saison et, dans quelques semaines, les soins minceur vont battre leur plein. Sans compter la spécialité de l’esthéticienne. Les clientes sont «addicts» aux drainages lymphatiques de la jeune femme. Malheureusement, lorsqu’il est bien exécuté, le drainage lymphatique est fatigant. En temps normal, Marylin a du mal à en assurer plus de trois par jour.

Assez rapidement, Valérie doit se rendre à l’évidence : hors de question de confier ces soins à Marylin qui, très vite, doit s’allonger trente minutes dès qu’elle en termine un. Pas question, non plus, de la mettre aux épilations, car elle ne supporte plus l’odeur de la cire chaude, qui provoque des nausées à répétition.

Bref, entre ces périodes de pause incontournables, les visites prénatales et les réductions d’horaires prévues par la loi dès le troisième mois de grossesse – la convention collective de l’esthétique-parfumerie prévoit une diminution du temps de travail d’une demi-heure par jour à partir du troisième mois et d’une heure par jour à partir du sixième mois -, autant dire que Valérie a déjà perdu son esthéticienne vedette.

Embaucher une remplaçante

D’autant qu’il n’est même pas sûr que Marylin reprenne son poste au bout des huit mois d’absence. Car, si la loi empêche l’employeur de licencier son employée pendant le congé maternité, cette dernière conserve la possibilité de démissionner sans préavis à la fin de celui-ci, tout en conservant pendant deux ans un droit de priorité pour retrouver son emploi si le rôle de mère au foyer ne lui convient plus.

Heureusement pour Valérie, elle s’entend bien avec son esthéticienne. Cette dernière vit une grossesse pénible et, au bout de quinze jours, obtient un certificat médical lui interdisant toute activité professionnelle si elle veut mener sa grossesse jusqu’à son terme. Un soulagement financier pour l’établissement, puisqu’elle est prise en charge directement par la sécurité sociale et sa mutuelle.

Il lui faut donc prévoir d’embaucher en CDD une nouvelle esthéticienne le plus rapidement possible. «J’ai dû chercher en catastrophe une esthéticienne, pas vraiment évident en début de saison. Après deux essais malheureux, j’ai fini par tomber sur une vraie perle, qui travaille toujours avec moi. Marylin, de son côté, comme je l’avais pressenti, a décidé d’abandonner l’esthétique pour devenir maman à temps complet. En fin de compte, j’ai réussi à maintenir le cap», explique Valérie. Et en plus, elle est parée pour la prochaine fois !

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