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Esthéticienne à domicile : c’est décidé, je m’installe !

S'INSTALLER COMME ESTHÉTICIENNE A DOMICILE

CHRONIQUE. Se lancer dans l’esthétique à domicile en solo, est-ce si compliqué ? Pas vraiment, si vous suivez pas à pas toutes les étapes qui vous permettront de vous installer avec succès ! Par Laure Bénédict, présidente du Syndicat national des entreprises de soins et d’esthétique à domicile (Snesed).

Après moult réflexions, vous avez pris une grande décision : vous installer comme esthéticienne à domicile. Bravo ! Sauf que, passée la phase d’excitation, voici venue celle des interrogations. Ajoutez à cela les réflexions pas toujours diplomates de votre entourage et vous vous demandez si c’est vraiment une bonne idée. Pas de panique ! Nous allons voir point par point les détails et les étapes pour une installation réussie.

1-Le diplôme

Eh oui, cela peut vous paraître évident, mais je vois souvent passer des annonces de

pseudos esthéticiennes sur les réseaux sociaux ayant pour seul diplôme une attestation de réussite à un stage technique… La règle est pourtant simple : sans ce précieux parchemin, votre activité est illégale.

Pour autant, selon votre niveau d’études en esthétique, vous n’aurez pas les mêmes difficultés, notamment sur la gestion. En effet, avec un CAP, vous allez apprendre les bases du métier, et uniquement les bases. Ces connaissances seront suffisantes pour travailler en institut, où vous pourrez apprendre à gagner en rapidité et en expérience, mais limitées pour vous installer aussitôt votre diplôme en poche.

Mon conseil : si vous le pouvez, faites un stage de gestion, afin de ne pas être prise de court dès la première difficulté. Il est dommage que le stage obligatoire à l’installation soit purement et simplement supprimé, car il était vraiment utile. Il nous permettait de savoir quelles étaient nos charges et de répondre à nos interrogations, en plus de passer un moment convivial entre futurs créateurs d’entreprise.

2-L’expérience

Je vous vois sourire, mais ce qui est une certitude pour vous ne l’est pas forcement pour d’autres. Tous les ans, à la mi-juillet, fleurissent des annonces de toutes jeunes diplômées qui proposent leurs services. Certaines, voulant avoir des clientes rapidement, cassent les prix, faisant ainsi du tort à leurs concurrentes installées depuis plus longtemps.

Pourquoi est-il important d’acquérir auparavant de l’expérience ? En étant salariée, vous allez «travailler» votre main, apprendre des astuces d’organisation pour gagner en rapidité, gérer les clientes difficiles et découvrir des techniques que vous n’aurez pas apprises, comme l’épilation du maillot intégral, les massages relaxants, les soins des hommes, etc.

De plus, grâce à votre expérience, vous allez cumuler des points dans votre compte formation, qui vous permettront de progresser, en effectuant, par exemple, un stage en gestion avant de vous installer. Une fois que vous vous sentirez prête, ce sera le moment de vous lancer dans l’aventure.

3-L’étude de marché

Je vois vos yeux écarquillés : «Une quoi ?», vous demandez-vous… L’étude de marché, c’est ce qui va vous permettre d’évaluer votre projet. Par exemple, si vous installer dans cette ville est une bonne idée. Dans ce document, vous allez d’abord définir votre zone de déplacement. Une fois ce travail effectué, vous allez noter le nombre d’habitants susceptibles de constituer votre future clientèle. Exemple : vous allez compter uniquement les femmes si vous ne ciblez que cette catégorie.

Une fois que vous aurez le nombre de client potentiels, vous allez maintenant relever tous les concurrents potentiels : instituts de beauté, spas, esthéticiennes à domicile, etc. Puis, vous diviserez le nombre de clients potentiels par le nombre de concurrents, et vous noterez le résultat obtenu. On estime qu’une cliente a besoin de vos services en moyenne quatre fois par an. Bref, plus le résultat obtenu est élevé, plus votre projet sera viable.

4-Définir vos prix et votre nom

Scoop ! Les prix des prestations ne sont pas fixés au hasard… La première étape va être de trouver le «point mort», c’est-à-dire combien vous coûte une heure sans rien faire. Pour cela, vous allez chiffrer toutes vos charges annuelles : essence, entretien de la voiture, assurances, publicité, carte de visite, médiateur, impôts, urssaf, etc. Vous allez ensuite définir le nombre de jours où vous allez travailler, en enlevant les jours fériés, les congés exceptionnels, les absences dues à la maladie et vos vacances.

Maintenant, vous pouvez fixer le prix de vos prestations. Ajoutez-y le prix des produits et des consommables utilisés ainsi que votre marge, car, oui, on ne travaille pas que pour la gloire ! Vos prix sont maintenant fixés. Vient ensuite le nom de votre enseigne. Il est très important qu’il soit en accord avec votre image et vos soins.

Certaines jouent avec leur prénom, d’autres sur le côté déplacement, le principal étant qu’il renvoie la bonne image de vous. Je vous conseille aussi de vérifier sur le site de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), si ce nom n’est pas déjà pris et protégé, ce qui vous évitera des déboires judiciaires.

5-Choisir vos fournisseurs

La première étape est de définir votre choix. Voulez-vous travailler avec une marque blanche, avec une marque bio, naturelle , slow cosmétique, innovante , haut de gamme, etc. ? Pour vous aider à choisir, déterminez la clientèle que vous ciblez. Une fois ce travail réalisé, vous aurez un nombre plus restreint de marques à votre disposition.

Sachez que beaucoup de fournisseurs refusent encore aujourd’hui de vendre à des esthéticiennes à domicile, prétextant que leur chiffre d’affaires est très faible et que leurs nombreux déplacements, entraînant des écarts de températures, pourraient altérer la qualité des produits. De votre côté, soyez exigeante. N’hésitez pas à tester les produits, afin de voir s’il peut y avoir des réactions cutanées.

Un bon moyen de pouvoir rencontrer des partenaires est de vous rendre à un salon professionnel d’esthétique. Sur place, vous pourrez tester et sentir à loisirs. Négociez bien les ouvertures de comptes, expliquez aux exposants qu’il vaut mieux pour eux que vous fassiez tous les deux mois une petite commande, plutôt qu’une seule, qui va tellement vous plomber financièrement que vous ne commanderez plus rien chez eux avant deux ans…

Négociez des flyers, testeurs et outils d’aide à la vente. Calculez ensuite la quantité de produits dont vous aurez besoin. Evitez les quantités imposées par les fournisseurs, qui vous feront miroiter du 3+1 ou 6+2. Rappelez-vous que le stock, c’est de l’argent qui dort. Une fois votre gamme établie, vos conditions de paiements définies et la date de livraison fixée, il ne vous restera plus qu’à faire de même dans votre recherche de cire et de consommables.

6-Le choix du matériel

L’élément numéro un est la table de massage. Il faut qu’elle soit légère à transporter, confortable pour la cliente, assez large pour effectuer les soins du corps, d’un prix correct, et qu’elle puisse supporter des poids élevés en cas de cliente en surpoids.

Autre élément à prendre en compte : comment vous allez vous déplacer ? Si vous êtes en voiture, vous pourrez vous contenter de la housse de transport fournie. Si vous prenez les transports en commun ou vous déplacez à vélo, il existe des trolleys très bien étudiés pour transporter la table facilement, y compris dans les escaliers.

Les appareils à cire : là aussi, il faut définir votre choix. Est-ce que vous allez opter pour du tout roll on, la traditionnelle spatule ou encore le sugaring ? Je vous conseille aussi de choisir la mallette de transport en même temps que vos appareils à cire, pour voir si elle convient sans risque de renversement.

Viennent ensuite les appareils pour les soins du visage. Posez-vous la question : est-ce que vous allez utiliser le vapozone ou des oshiboris chauds, de la haute fréquence, du galvanique, de l’ionophorèse ou de l’électro-stimulation, avant d’acheter quoi que ce soit ? Pour le savoir, étudiez les besoins de votre clientèle et achetez au fur et à mesure. Là encore, le soin apporté au transport est très important pour éviter un problème de fonctionnement, voire de casse.

Quant au linge, il faut que vous en ayez un nombre suffisant pour ne jamais en manquer. Comptez une housse et un essuie-mains par cliente, une serviette 60/40, quatre serviettes oshiboris et un drap par client pour un soin. Vient enfin la tenue professionnelle. En été, vous pourrez porter des t-shirts avec votre logo, avec une jupe ou un pantalon léger et fluide. En saison froide, la blouse fera très bien l’affaire.

Il y a aujourd’hui beaucoup de choix dans les tenues professionnelles qui sont à la fois confortables et faciles d’entretien. Ayez un jeu de plusieurs tenues. Vous aurez une tenue de rechange en cas de taches. N’hésitez pas à demander l’accès à la salle de bain pour vous changer, votre clientèle appréciera. Petit plus : déchaussez-vous sur le pas de la porte et enfilez des chaussures d’intérieur.

7-Faire son business plan

Même s’il est vrai que s’installer comme esthéticienne à domicile demande moins d’investissement, ne pas prévoir de trésorerie, au départ, est très risqué. En effet, les clientes ne vont pas affluer de suite et vous allez avoir des mois sans chiffre d’affaires. C’est pourquoi il est important d’établir votre business plan pour prévoir une trésorerie suffisante.

Pour le réaliser, vous pouvez, soit le faire vous même, si vous avez une formation en gestion, soit le demander à un comptable ou à un des conseillers de la chambre des métiers. Si vous avez besoin d’un crédit, votre banquier vous demandera ce document, afin de vous accorder ou pas un prêt. Ce document va vous servir dans votre activité. Vous aurez un repère pour voir si vous êtes très en dessous ou au-dessus de vos objectifs. Il est établi pour 3 ans.

Un conseil : prévoir 4 000 euros de fond de roulement est une bonne sécurité. Cela va vous permettre de vous accorder un salaire pendant les premiers mois, même si vous ne réalisez pas encore votre objectif de chiffre d’affaires.

8-L’immatriculation

Nous y voilà, enfin ! c’est la toute dernière phase avant de pouvoir officiellement commencer votre activité. A ce stade, vous avez trois options. La première est de vous rendre au Centre de formalités des entreprises (CFE) de votre chambre des métiers avec tous les documents (CNI, photocopie de diplôme, justificatif de domicile) et de régler tous les frais d’inscription directement, tout en choisissant votre mode imposition. L’avantage, si vous n’êtes pas à l’aise avec l’administratif, c’est que vous serez sûre que votre immatriculation est en règle.

La deuxième option est de vous inscrire sur le portail auto-entrepreneur, où vous n’aurez qu’à vous laisser guider dans votre inscription, et d’envoyer les pièces justificatives par mail. Un conseiller vous appellera, afin de faire le point avec vous et de finaliser votre inscription.

Enfin, dernière possibilité : vous enregistrer sur le site du CFE de la chambre des métiers : après avoir créé votre compte, vous n’aurez qu’à remplir le formulaire d’inscription, puis un conseiller du CFE vous contactera quelques jours plus tard, afin de faire le point avec vous. Vous recevrez un numéro de Siret au bout de quelques jours.

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