Tout comme les esthéticiennes et les coiffeurs, les make-up artists subissent le confinement et l’interdiction de travailler. Du coup, entre Instagram et séances vidéo en live, ils prennent leur propre visage comme… toile de fond !
«Toutes paillettes dehors… et nulle part où aller», commente la maquilleuse Grace Ahn sur son compte Instagram. Elle participe, avec tout un collectif de maquilleurs, au Makeup Houseparty, un forum de maquillage en vidéo sur le thème ludique. Et elle ne fait pas dans le discret : paupières vertes scintillantes, bouche rose bubble-gum et sourcils redessinés en arc très mince. Pas de panique : les vrais (sourcils) sont maintenus en place et fixés au correcteur sous le tracé !

C’est que les make-up artists ont le pinceau qui les démange ! En l’absence de clients et de modèles, ils prennent leur propre visage en toile de fond, et partagent leurs créations sur Instagram. «Bien sûr, ce qui se passe dans le monde est horrible. Mais jouer avec le maquillage pendant ce temps d’arrêt a un effet thérapeutique», affirme Erin Parsons, directrice de la création maquillage pour Maybelline.
Et sans se presser : « Je prends rarement le temps de faire mon propre visage», ajoute-t-elle. Visiblement, la maquilleuse a pris tout son temps, cette fois-ci, en appliquant une centaine de cils individuels pour un look très visuel…

Dans le même esprit, Doniella Davy, la créatrice des looks de la série Euphoria, est devenue son propre modèle, à grand renfort de strass pour souligner le regard. Elle a tenté des looks différents sur chaque œil, avant de réinterpréter le tout de façon plus sobre en quatre versions différentes. Sur fond de jazz, le maquilleur newy-yorkais et spécialiste du sourcil Bob Scott se dessine un cat-eye avec un crayon kohl bleu cyan, avant de l’estomper façon smoky.

Œil de chat spectaculaire aussi, mariant bleu cobalt et bleu acier, pour la californienne Kat Synnott, qui maquille habituellement Nicole Kidman, Cara Delevingne ou Candice Swanepoel. La jeune femme s’est ainsi créé un «œil glamour de vendredi soir, juste pour s’asseoir sur le canapé». Le même goût pour l’auto-dérision se retrouve chez Christine Charbonnier, qui reproduit les nuances délicates du forsythia suspendu à son balcon, sur des paupières dorées et irisées.

Le mot de la fin revient à Rachel Goodwin, la maquilleuse attitrée d’Emam Stone et de January Jones. Pour répondre à l’une de ses clientes, elle a créé en live un maquillage «sixties» à base de crayons et de mascara. Une expérience nouvelle pour elle, qu’elle l’évoque dans un commentaire sur les médias sociaux : «Je n’avais pas l’intention de me maquiller moi-même, mais finalement ce cours a été comme une récréation pour moi aussi !».




