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Carole Florent : « Les spas sont en quête d’un nouveau business model »

Les spas se cherchent de nouveaux business models

À l’heure où la demande évolue vers la prise en charge des problématiques de santé, de silhouette et d’anti-âge, les salons doivent pouvoir répondre aux nouveaux besoins des spas, explique Carole Florent, co-organisatrice du salon Beauty Prof’s, qui se déroulera les 16 et 17 octobre, à Marseille.

Carole Florent de Beauty ProfsProfession bien-être : Vous avez repris le salon Beauty Profs en 2018. Comment se sont déroulées ces quatre premières années ?

Carole Florent : Lorsque nous avons repris la direction du salon, tout était à reconstruire. La fréquentation du salon avait fortement décliné, il n’y avait ni site Internet, ni réseaux sociaux, et le concept avait pris un sacré coup de vieux. Bref, personne ne donnait bien cher de notre avenir… Et pourtant, ces quatre années ont été passionnantes.

Malgré la parenthèse Covid, nous y avons fait face, notamment, en créant e-Beauty, avec Profession bien-être, le premier salon virtuel de l’esthétique professionnelle. A l’inverse d’autres manifestations, nous avons pu ainsi garder le contact avec notre public et nos exposants, puisque nous avons attiré 11 000 visiteurs en deux jours !

En ce qui concerne le salon physique, nous sommes passés d’une exploitation de 1 000 m2, dans une petite salle de Montpellier, à un hall entier au Parc des Expositions de Marseille, en nous agrandissant chaque année de 1 500 m2 et en comptant chaque année 1 500 visiteurs de plus. C’est un parcours atypique dans le monde de l’événementiel.

Comment expliquez-vous cette croissance dans un secteur plutôt encombré ?

Par un travail acharné, d’abord ! Mais aussi à notre passion sincère pour la profession. Nous ne sommes pas des investisseurs classiques. Avant de reprendre ce salon, nous avons exercé plusieurs métiers dans la filière esthétique. Nous avons vécu les problématiques des exposants et les attentes des visiteurs. Cette connaissance du marché est une boussole précieuse. Grâce à elle, nous avons développé notre propre identité, en combinant innovation, formation et excellence.

Mais nous avons aussi bénéficié d’un atout géographique. Deuxième ville de l’Hexagone, Marseille se situe au carrefour de la Provence, du Languedoc Roussillon et de la Côte d’Azur. Si l’on excepte Paris, c’est la région de France qui compte la plus forte concentration en instituts de beauté et spas.

La crise sanitaire a un peu mélangé les cartes. Face à Internet, le salon professionnel ne fait-il pas un peu figure de «has been» ?

Bien sûr, la pandémie a fait bouger les lignes. Internet, c’est l’accès illimité au monde. Aujourd’hui, chacun possède un téléphone, une tablette et un canapé confortable chez soi. Il faut offrir plus de rêve qu’avant aux visiteurs pour les inciter à sortir de chez eux ! L’organisation d’un salon est donc devenu un métier plus complexe qu’il y a dix ans. Le phénomène est d’ailleurs mondial : nous avons pu le constater en visitant de nombreux salons en Europe et en Asie.

Peu importe le marché, le visitorat professionnel ne se déplace plus seulement pour acheter mais aussi pour trouver des clés qui l’aideront à faire évoluer son activité. C’est particulièrement vrai dans l’esthétique, où 75% des indépendants exercent seuls. On voit émerger un vrai besoin de partage et de motivation, que les salons pourraient satisfaire, à conditions de se montrer inspirants !

Alors, non, Internet ne va pas supplanter les salons. Mais ce qui est sûr, c’est que la pandémie a changé les comportements. La formation à distance, qui n’existait pas il y a trois ans, s’est banalisée. Les marques et les écoles ont pris conscience de l’importance des réseaux sociaux, même si le tout digital n’est pas une panacée.

La beauté, le soin et le bien-être sont des domaines d’activités sensoriels. Internet ne peut pas remplacer – en tout cas pas encore – le contact physique avec un produit, l’essai d’un appareil ou le ressenti d’un soin. Et choisir un partenaire pour un équipement ou une marque cosmétique derrière un écran reste encore difficile.

Alors, quelle est la solution ?

Le contact humain est irremplaçable, c’est entendu. Mais les organisateurs doivent se renouveler. Au même titre que les boutiques physiques, les salons qui ne sauront pas créer une véritable expérience sont voués au déclin. Et cela concerne aussi les exposants, qui ne peuvent plus se contenter de louer des mètres carrés de moquette et d’attendre que les visiteurs arrivent. La préparation commence en amont du salon, avec de la communication, des annonces. Le stand doit raconter une histoire, créer de l’adhésion à la marque et proposer un parcours client.

Comment traduisez-vous cette proposition à Marseille ?

D’un petit salon régional, Beauty Prof’s est devenu en quatre ans un événement moderne et innovant qui rassemble 150 marques et centres de formation. Tous les segments de l’esthétique y sont représentés : cosmétique et cosméceutique, produits bio, nouvelles technologies, esthétique du regard, ongles, dermopigmentation et maquillage.

Et surtout, à côté des marques nationales, nous sommes aussi un tremplin pour de petites marques de niche innovantes et emblématiques du made in France. Parmi les 50 nouvelles marques qui seront présentes cette année, beaucoup ont choisi d’exposer en exclusivité à Beauty Prof’s et de proposer de très belles nouveautés.

Aujourd’hui, une nouvelle génération arrive sur le marché. Ces praticiennes sont digital-natives, se positionnent comme des expertes du soin et sont adeptes des nouvelles technologies. Elles ont aussi compris l’importance de monter en compétence sur la gestion, la vente et le marketing.

Quelles sont les nouveautés de cette édition 2022 ?

Nous avons conçu un nouvel espace privatisé qui nous permet d’accueillir des intervenants de haut niveau à la journée. Nous pouvons ainsi héberger la première édition de la masterclass «The spa and beauty experience», assortie d’un parcours visiteurs destiné spécifiquement aux dirigeants de spas. Un marché qui suscite depuis longtemps de nombreuses convoitises… Mais ces dirigeants ont besoin aujourd’hui d’autre chose que d’aller déguster des petits fours.

La plupart des établissements sont en quête d’un nouveau business model : non seulement il s’agit de reconquérir la clientèle, mais aussi de renouer avec une exploitation rentable. Cette masterclass se présente sous la forme d’une journée d’échanges, d’ateliers d’application et d’immersion stratégique à partir de cas concrets. C’est aussi une opportunité de rapprochement entre le monde du spa et les marques les plus innovantes, à l’heure où la demande de bien-être évolue vers la prise en charge des problématiques de santé, de silhouette et d’anti-âge.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

Salon Beauty Prof’s, Parc Chanot, 16 et 17 octobre 2022.
Masterclass « The spa and beauty experience », dimanche 16 octobre. 

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