C’est une classe de CAP d’esthétique de Bourgoin-Jallieu, dans l’Isère, qui représente la région Auvergne-Rhône-Alpes dans la «battle des CFA», dont le thème est le développement durable.
Yasmine Bouzouita, l’une des apprenties esthéticiennes sélectionnées pour la «battle des CFA», admet que le thème du développement durable leur a fait peur : «Ça fait peur parce que notre métier, il n’est pas du tout écolo, donc comment on va faire ?», s’interroge-t-elle dans une vidéo diffusée par les Chambres des métiers.
Un défi de taille pour ces jeunes élèves de l’EFMA, le centre de formation d’apprentis de la CMA de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Lancé à la fin de l’année dernière, le concours mobilise un centaine d’apprentis répartis dans des CFA, en métropole et en Outre-mer, qui doivent réaliser un challenge : une création artisanale originale, dans leur métier, qui réponde à une problématique environnementale.
À Bourgoin-Jallieu, les onze élèves du CAP esthétique vont ainsi pouvoir mettre en valeur leur métier et leur formation en apprentissage, face à treize autres classes sélectionnées dans treize autres régions, chacune dans une filière différente. Mais le thème imposé leur a donné du fil à retorde.
Car la classe planche depuis plus de six mois sur une manière de maquiller et de dispenser des soins en réduisant son empreinte carbone. Leur cas pratique pour le concours consiste à réaliser un soin du visage avec le moins d’impact possible sur l’environnement, explique France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Des cotons réutilisables et des ressources locales
«On a réfléchi à ce qu’il nous fallait pour ce soin, ce qu’on utilisait beaucoup, donc du consommable», détaille Léa Bouteille, une autre élève. Pas toujours évident, pour des futures professionnelles de l’esthétique. «Ce qu’on utilisait, ce n’était pas écologique. D’habitude les produits qu’on utilise, c’est des flacons en plastique et les produits à l’intérieur, ce n’est pas du bio et il y a beaucoup d’emballages qu’on jette», reconnaît la jeune apprentie.
Finalement, les élèves optent pour des cotons réutilisables, du linge spécifique lavable ou des recharges pour économiser le conditionnement. «Mais c’est là que cela se complique. Il faut trouver des ressources, si possible en local», souligne France 3… Le travail ne fait que commencer.
«Grâce à ce projet, on a appris à démarcher des fournisseurs, trouver des devis, des produits et le fait d’avoir eu cette démarche-là, on se rend compte que ce n’est pas facile du tout, rien que de trouver des produits bio, ça a été très très compliqué», se félicite Yasmine Bouzouita.
Prochaine étape : le vote du jury et des internautes !
De son côté, Géraldine Marceau, professeure d’esthétique à l’Espace Formation des Métiers et de l’Artisanat, est impressionnée par l’implication de ses élèves : «Je suis fière de ce groupe, parce que, quand je repense à l’année dernière, il n’y avait rien qui sortait quand on parlait de développement durable».
Reste maintenant à gagner la bataille… de la popularité ! Car les futures esthéticiennes devront aussi séduire les internautes, qui les suivront sur la chaîne Youtube de CMA France. De courtes vidéos mettront en avant les différents métiers de l’artisanat auxquels les élèves se préparent .





