Le tribunal de Metz a condamné le 26 avril deux sœurs à 10 mois de prison avec sursis et une amende de 500 euros pour avoir illégalement pratiqué des centaines d’injections d’acide hyaluronique.
Les deux jeunes femmes étaient accusées d’avoir réalisé ces injections sur des centaines de clientes dans les villes de Woippy (Moselle), Paris et Marseille, sans être médecins, entre janvier 2020 et novembre 2022. Elles attiraient leur clientèle grâce à des tarifs très compétitifs proposés sur leurs comptes Instagram «Sisters lips».
L’affaire a éclaté quand une cliente a porté plainte en janvier 2022, après avoir constaté des hématomes au niveau de la zone injectée. La défense a plaidé la relaxe en invoquant le vide juridique existant en la matière. Des «effets secondaires classiques», a-t-elle soutenu.
Selon Me Xavier Iochum, avocat des accusées, ces dernières se trouvaient «dans une zone de non-droit où il fallait légiférer». «Il suffirait de rajouter sur la nomenclature des actes exclusivement réservés aux médecins les injections d’acide hyaluronique et de botox. Ça serait plus clair pour ceux qui seraient tentés d’exercer illégalement cette activité ainsi que pour ceux qui voudraient se faire piquer», a expliqué l’avocat, cité par l’AFP.
Les deux femmes, qui étaient poursuivies pour exercice illégal de la médecine et travail dissimulé, ont été condamnées à dix mois de prison avec sursis et une amende de 500 euros. «La peine de prison marque «sans doute» la volonté du tribunal de «protéger le public», a commenté Me Xavier Iochum.
Le frère des accusées, qui finançait l’électricité de l’appartement où elles officiaient, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour complicité. Les trois ont également reçu une interdiction de gérer un établissement pendant cinq ans.
Les cas se multiplient en France
Cette affaire illustre une nouvelle fois le problème croissant des injections illégales d’acide hyaluronique en France. En mars, 200 chirurgiens esthétiques ont demandé au gouvernement, dans une tribune publiée par Le Parisien, d’interdire la vente libre de ce produit et d’encadrer plus strictement sa délivrance.
«Depuis trois ans, nous constatons la croissance alarmante d’injections illégales au travers de complications, parfois gravissimes», s’inquiétaient ces médecins, constatant des complications «souvent irréversibles», pouvant conduire, dans certains cas, «à des septicémies, des gangrènes et des hospitalisations en réanimation, engageant le pronostic vital de jeunes patients».
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