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À Villeurbane, une injection esthétique illégale vire au drame

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Une femme de 34 ans, qui se présentait sur Instagram comme «professionnelle de l’esthétique», a été mise en examen pour homicide involontaire après la mort d’une cliente lors d’une injection d’acide hyaluronique réalisée dans un appartement loué via Airbnb. 

Dans un appartement loué sur Airbnb, rue Frédéric-Mistral, dans le quartier Ferrandière – Maisons neuves, à Villeurbanne (Rhône), une séance d’injection esthétique a tourné ainsi au drame. Peu après l’intervention, la cliente a ressenti une vive douleur au thorax, avant de s’effondrer et de faire un arrêt cardiaque.

Les faits remontent au vendredi 20 mars 2026. Selon les premiers éléments, une femme de 34 ans, assistée d’un collaborateur, aurait injecté dans les fesses de la victime quadragénaire un mélange d’acide hyaluronique et de lidocaïne, un anesthésique local, rapporte La Dépêche. 

La tentative de réanimation, commencée par l’intervenante puis poursuivie par le Samu et les pompiers dépêchés sur place, n’a pas permis de sauver la quadragénaire. La piste d’une embolie provoquée par l’injection est alors envisagée, précise la presse locale. Elle peut survenir quand un produit injecté pénètre accidentellement dans un vaisseau sanguin et migre dans la circulation, provoquant une obstruction.

Une influenceuse au cœur de l’enquête

Dans les heures qui ont suivi le drame, la personne à l’origine de l’injection est interpellée. C’est une femme de 34 ans, non médecin, qui se présentait sur Instagram comme «professionnelle de l’esthétique» et proposait des interventions dans plusieurs villes, souvent dans des appartements loués et à des tarifs attractifs.

Placée en garde à vue pour homicide involontaire et exercice illégal de la médecine, la principale suspecte a ensuite été mise en examen puis placée en détention provisoire. Deux autres personnes ont également été poursuivies pour homicide involontaire. Parmi les trois suspects, deux sont originaires de Toulouse.

Un phénomène qui inquiète les médecins

«Ce drame illustre les dangers liés à ces actes pratiqués par des non médecins et dans des conditions sanitaires déplorables et fait suite à au moins 15 hospitalisations en réanimation en France pour des complications gravissimes liées à l’exercice illégal de la médecine. Il est fort à craindre que d’autres incidents graves surviennent si des mesures fortes ne sont pas prises rapidement», a réagi le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice (SNCPRE) et esthétique dans un communiqué.

Cette réaction intervient quelques jours après une mise en garde des organisations médicales. Le 18 mars, le SNCPRE, les dermatologues-vénérologues et l’Ordre des médecins ont alerté la presse sur la hausse des injections illégales de botox et d’acide hyaluronique pratiquées par des non-médecins. En 2025, 213 signalements d’actes esthétiques illégaux ont été recensés, contre 62 en 2022.

LIRE AUSSI : Fake injectors : quand des esthéticiennes basculent dans l’illégal

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