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Esthétique : « Un mois d’arrêt serait fatal pour la profession ! »

Le Premier ministre a annoncé samedi le passage au stade 3 et la fermeture de tous les lieux «non indispensables à la vie du pays». Cette soudaine décision, ajoutée aux écoles fermées, va frapper de plein fouet le secteur de l’esthétique, s’inquiète Martine Beranguel, co-présidente de la CNAIB.

Profession bien-être : L’annonce du Premier ministre a surpris tout le monde. Vous vous y attendiez ?

Martine Beranguel : A vrai dire, oui, nous la redoutions. Depuis l’allocution du président Macron, jeudi soir, nous avons été en liaison constante avec le ministère. Et une mesure de ce genre se profilait très nettement à l’horizon. Bien sûr, c’est une mauvaise nouvelle pour le secteur. Je dirige moi-même deux instituts à Grenoble, et j’ai été contrainte de mettre mes salariées en chômage partiel. Comme d’habitude, la très petite entreprise et les artisans ont été laissés au bord de la route.

Inutile de vous dire que, depuis samedi soir, nous sommes assaillis de questions sur les réseaux sociaux ! N’oubliez pas que nous sommes une profession qui emploie principalement des femmes, dont la plupart ont des enfants qu’elles élèvent parfois seules. La fermeture des écoles et des instituts pose donc beaucoup de problèmes pratiques. Et déclenche automatiquement un sentiment de panique.

L’année dernière déjà, la profession a été impactée par les manifestations des gilets jaunes, puis par les grèves. La pandémie actuelle vient de porter un coup sérieux à toute notre activité. Et je ne parle pas uniquement des salariées ! Si le gouvernement a prévu une protection particulière pour ces dernières, ce n’est pas le cas pour un artisan ou un auto-entrepreneur, qui sont vraiment absents de toutes ces mesures.

La CNAIB n’a pourtant pas toujours été tendre avec les auto-entrepreneurs…

Oui, c’est un reproche que l’on nous a fait, le plus souvent de façon injustifiée. Aujourd’hui, ce n’est certainement pas le moment de nous diviser. Nous combattons pour toute la profession, indépendantes, salariées ou auto-entrepreneurs. C’est le moment d’unir toutes nos forces, quel que soit notre statut. Nous sommes heureusement soutenus par l’U2P, mais c’est à nous aussi de faire entendre notre voix, et non pas une cacophonie assourdissante.

Nous sommes face à une urgence sanitaire nationale. Oui, les mesures prises vont bouleverser notre quotidien et notre activité. Mais si tout le monde s’y met, de façon citoyenne, nous avons une chance de sortir plus vite de cette crise. Car deux semaines d’arrêt constituent un coup dur, c’est vrai. Mais un mois d’arrêt serait fatal pour la profession ! Nous sommes au tout début de la saison de printemps, qui représente un pic d’activité pour les instituts. Les instituts vont perdre de l’argent, mais nous avons tous intérêt à nous montrer solidaires pour éviter que la situation empire.

Comment envisager une situation pire que la fermeture des établissements ?

Vous remarquerez que, dans le discours des autorités, il n’est pas question de confinement. Le mot n’a pas été prononcé. Mais le risque est là. Si nous bravons les interdictions, et certains instituts l’envisagent, la situation risque de se prolonger et les mesures de monter d’un cran. Et si nous passons au confinement, nous aurons droit au couvre-feu, à l’impossibilité de circuler, que sais-je encore !

En attendant, il s’agit donc d’appliquer strictement les mesures annoncées samedi soir. Mais aussi de préparer sa demande d’aide. Car pour obtenir les aides financières promises, encore faut-il les demander ! Et beaucoup d’esthéticiennes sont encore désarmées face à l’ordinateur. Or, les demandes doivent être faites en ligne.

Que se passe-t-il pour les esthéticiennes à domicile ?

Le Premier ministre n’a pas évoqué les praticiens à domicile. Légalement, ils sont donc en droit d’exercer. Mais soyons raisonnables ! Ils courent autant de risques que les salariés en instituts et peuvent tout aussi bien propager le virus. Je sais que c’est une décision difficile à prendre, car les esthéticiennes exerçant à domicile ont souvent de tout petits revenus. Mais pour une simple question de bon sens, ils devraient annuler leurs rendez-vous, pour participer à l’effort général.

Encore une fois, il s’agit ici de civisme et de solidarité. Si nous adoptons tous les bonnes mesures, nous sortirons plus rapidement de cette urgence sanitaire. Et, entre nous, cela m’étonnerait beaucoup que les clientes se bousculent pour réserver une esthéticienne à domicile.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

(*) Confédération nationale des instituts de beauté.

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