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Esthétique : comment mettre en application les nouvelles mesures sanitaires ?

Sans grande surprise, les nouvelles mesures sanitaires ont soulevé d’innombrables questions dans le monde de l’esthétique. Car si les coiffeurs ont accueilli avec enthousiasme la suppression des 4m2 de distanciation sociale, les esthéticiennes, elles, s’interrogent.

Après la publication, la semaine dernière, des nouvelles règles post-déconfinement, peut-on revenir à la situation d’avant ? Rien n’est moins sûr, d’autant que les textes font reposer désormais toute la responsabilité des protocoles sanitaires sur le seul chef d’entreprise.

Ces dispositions restent, en effet, muettes sur les prestations jusqu’ici interdites, comme les soins à la vapeur, le hammam ou l’épilation du sillon interfessier. De même, les collations et les fontaines à eau ne sont plus clairement interdites. Mais sont-elles pour autant autorisées ? En résumé, ce nouveau texte change-t-il vraiment la donne ?

Jointe au téléphone par Profession bien-être, la co-présidente de la CNAIB, Martine Berenguel, reste prudente. «C’est vrai, cette parution sur le site du gouvernement stipule bien l’annulation des fiches métier précédemment publiées. Cette précision nous a tous surpris, y compris à la direction de l’U2P. Et le ministère nous l’a encore confirmé par la suite», reconnaît-elle.

La responsabilité du chef d’entreprise

En prenant donc le texte au pied de la lettre, on pourrait penser que tous les soins peuvent être réalisés dans leur intégralité, comme avant la pandémie. Mais ce n’est pas tout à fait le cas. Ainsi, le port du masque reste obligatoire pour le soin esthétique, dans la mesure où la distance d’un mètre est impossible.

De même, aucune précision pour le vapozone, jusque-là interdit, ou certaines prestations d’épilation, comme le sillon interfessier. Si rien ne les interdit nommément, rien non plus ne les autorise. «Les fiches métier devraient être incessamment remplacées par une foire aux questions sur le site du gouvernement. D’ici là, il faut faire preuve de bon sens et ne mettre en danger ni ses salariés, ni ses clients», précise Martine Berenguel.

Car l’un des points-clés de ces nouvelles consignes reste la lumière jetée sur la responsabilité du chef d’entreprise, puisqu’en cas de problème, c’est ce dernier qui pourra être mis en cause, à la fois comme employeur et comme prestataire de service.

Il faut donc bien réfléchir avant de re-proposer certains soins, et s’entourer de toutes les précautions : application des gestes barrières, protection des salariées et des clientes. «Et surtout, assumer ses choix, car c’est sur les épaules de l’esthéticienne que vous faites reposer la responsabilité d’un problème éventuel», prévient la co-présidente de la CNAIB.

Incompréhension des esthéticiennes

Dans la réalité, le nouveau texte, conçu comme un protocole général pour toutes les entreprises, se heurte à une incompréhension de la part des professionnelles. Et les médias sociaux s’en font l’écho à grands coups de posts, comme celui qu’Émilie a publié sur Facebook. Esthéticienne à Charleville-Meyzières, elle n’entend pas changer tout de suite son fusil d’épaule : «Au final, cela ne change pas grand-chose. Protection jetables et masques sont toujours obligatoires puisqu’on ne peut pas respecter un mètre de distance. Et ce n’est pas plus mal, car le virus est toujours là.»

Une attitude qui reflète l’opinion de la majorité des esthéticiennes. «Les mesures d’hygiène, c’est la base que nous devrions tous tenir même sans virus. On ne devrait même pas faire payer les clients un supplément, alors que ça devrait être la norme», renchérit Élodie, installée à Paris depuis un an comme esthéticienne et prothésiste ongulaire.

D’autres, comme Natacha, à Perpignan, regrette le peu de précisions apportées aux décisions du gouvernement : «C’est vraiment flou, tout ça, comme toujours». Recommandations ou obligations ? Les textes ne posent pas précisément les règles. Et les termes employés pas toujours clairs… « Quand pourront-ils nous écrire des recommandations avec des mots simples et précis ?», résume Blandine, installée à Ecrouves, en Lorraine.

Mais toutes les esthéticiennes, du moins celles qui travaillent à leur compte ou dirigent un institut, ont bien pris la mesure de la prise de responsabilité du chef d’entreprise. Pas question, donc, de relâcher sa vigilance. Du moins, jusqu’à la fin de l’état d’urgence : le 10 juillet…

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