Forte d’une expérience internationale, Véronique Bontemps a pris ses fonctions de directrice générale du groupe Guinot-Mary Cohr en septembre. Elle se confie, en exclusivité pour Profession bien-être, sur ses priorités stratégiques.
Profession bien-être : Vous venez d’une multinationale américaine, le groupe Kimberly-Clark, qui figure parmi les leaders dans les produits d’hygiène grand public. En intégrant la direction d’une PME française, spécialiste des produits de soins vendus aux instituts, vous n’avez pas eu peur d’un choc culturel ?
Véronique Bontemps : Cela n’a rien d’un choc culturel. Ce serait même plutôt un retour aux sources, puisque ma carrière a débuté chez Pierre Fabre. Ce sont donc des instituts que je connais bien, et je ne suis pas dépaysée !
Compte tenu de votre parcours international, doit-on s’attendre à un coup d’accélérateur du groupe Guinot à l’étranger ?
Il est évident qu’avec mon parcours, j’attache une importance particulière à l’international. Mais ce n’est pas une première pour le groupe, qui est déjà implanté dans plus de 75 pays. Nous sommes présents dans pratiquement tous les pays d’Europe. Notre zone stratégique va se concentrer sur l’Asie, particulièrement en Chine, mais aussi sur le continent nord-américain.
Nous venons ainsi d’ouvrir à Seattle un premier institut Guinot. Nous sommes également en train de conclure quelques très beaux partenariats. D’autant que nous avons la possibilité de proposer du vrai sur-mesure à l’international, avec des produits conçus pour des marchés spécifiques. Alors, oui, le groupe va être plus que jamais présent à l’international.
Quel regard portez-vous sur le marché des instituts de beauté en France ?
Depuis quelques années, le marché se transforme, à la recherche d’une meilleure rentabilité, et les instituts doivent répondre aujourd’hui aux différentes demandes des consommatrices. Tout le challenge consiste à redonner aux esthéticiennes les moyens de répondre à ces demandes et de les aider à construire leur activité pour qu’elles deviennent plus performantes.
Comment comptez-vous séduire les esthéticiennes, traditionnellement peu attirées par les réseaux et les franchises, d’adhérer à votre modèle économique ?
À titre personnel, je trouve très exaltant de les aider à prendre leur essor. Cela fait deux mois que je suis dans l’entreprise, et je suis très admirative de voir qu’il y a surtout, dans cette branche, des femmes entrepreneurs. En leur procurant des outils qui fonctionnent, on leur donne le moyen d’assurer une rentabilité forte. L’affiliation Guinot est en même temps une offre très structurante, de l’avis même de celles qui nous ont rejoint.
Certaines étaient même très réticentes au départ, mais elles ont depuis ouvert des instituts supplémentaires, toujours en affiliation au vu des résultats. Nous apportons une solution clé en mains pour optimiser leur activité. En communiquant massivement, nous informons aussi les clients qu’ils vont retrouver une qualité de soin équivalente dans chaque institut affilié.
Quelles sont vos priorités en France pour Guinot-Mary Cohr ?
Il s’agit avant tout d’écouter les affiliés et de faire évoluer la politique du groupe. Nous allons poursuivre l’affiliation et améliorer le maillage territorial, car nous avons encore du potentiel dans les grandes agglomérations. En cette période d’après-Covid, il faut s’assurer de la rentabilité des instituts que nous avons soutenus pendant les fermetures. Cela passera par un apprentissage progressif des réseaux sociaux et du monde digital.
En juillet, le groupe Guinot-Mary Cohr a retenu l’agence Emakina pour accompagner sa transformation digitale. L’omnicanal, les ventes en ligne… seront-ils au cœur de la stratégie de développement de Guinot-Mary Cohr au cours des prochains mois ?
Nous sommes sur un marché très chahuté par le digital et l’information croissante des consommatrices. Or, Internet n’est pas fiable. L’esthéticienne a donc toute sa légitimité ! Encore faut-il faire passer le message et revaloriser la profession. Cela passe chez nous par des formations continues, tant en présentiel qu’en distanciel.
Il est évident que nous allons nous renforcer sur le plan digital. Ne serait-ce qu’en fournissant à notre réseau des moyens pratiques d’être présents sur les réseaux sociaux. Nous avons déjà beaucoup progressé en créant un e-shop, à la disposition des 400 instituts de notre réseau. Cela n’a rien d’une concurrence, puisque nous avons intéressé nos instituts au succès de cette initiative. Le point d’entrée de l’e-shop reste toujours l’institut.
Propos recueillis par Siska von Saxenburg.




