Longtemps présenté comme plus résilient face aux crises, le marché de la beauté premium montre des signes de faiblesse. Le distributeur allemand Douglas, propriétaire de Nocibé en France, constate à son tour le ralentissement : «Nous voyons que de nombreuses entreprises cotées du segment premium de la beauté signalent un ralentissement de leur chiffre d’affaires», reconnaît son directeur général, Sander van der Laan, rapporte l’agence Reuters.
Certes, les ventes progressent encore (+3,2%, à 1 milliard d’euros) au troisième trimestre de son exercice décalé, portées par l’Europe centrale et orientale, avec un coup de pouce lié au calendrier de Pâques. Mais dans le même temps, l’excédent brut d’exploitation (EBE) recule de 2,9%, à 158,2 millions d’euros, preuve que les marges s’érodent. Une tendance se dessine : même la distribution sélective doit désormais composer avec la guerre des prix et un consommateur en quête de bonnes affaires.
Marges et image de marque mises à l’épreuve
«C’est typiquement un environnement où les promotions se multiplient», constate le directeur général, qui estime que «les remises devraient s’intensifier dans la seconde moitié de 2025, ce qui constitue un risque pour les marges».
Pour préserver ses résultats, Douglas coupe dans ses coûts marketing et logistiques et «négocie durement les hausses de prix avec les entreprises de cosmétiques». Mais le dirigeant admet que «ce n’est pas toujours facile quand les consommateurs sont à la recherche des meilleures affaires».
Pour 2025, Douglas, qui avait revu à la baisse ses prévisions annuelles en mars, confirme aujourd’hui ses objectifs. Mais la prudence reste de mise : la distribution sélective premium, perçue jusqu’à présent comme plus résistante, entre désormais dans une phase de ralentissement où marges et image de marque seront mises à l’épreuve.
Avec Reuters.
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