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Crise sanitaire : un appel à nos syndicats professionnels

Les coiffeurs s’interrogent sur la pérennité de leur activité, si les mesures de confinement se prolongeaient trop longtemps. Président de la Fédération française des associations de la coiffure et de l’esthétique (FFACE), Eric Leturgie s’inquiète pour l’avenir de la profession.

«Nous sommes en guerre», a martelé le Président. Il l’a même répété six fois dans son discours. Nous sommes en guerre contre la pandémie qui touche notre pays. Et des moyens considérables vont être mis en place pour nous aider. Là aussi, il nous l’a répété plusieurs fois. Nous voulons tous y croire.

Mais je m’interroge. Le président connait-il vraiment la situation ? Ses hommes de terrain lui ont-ils seulement dit dans quelle situation se trouve l’artisanat de France ? Pour parler du seul domaine de compétence que je maîtrise, la coiffure, sait-il que depuis 2009 (onze ans déjà !) une lente mais sûre agonie progresse au sein de cette profession ?

Chaque année, les clients désertent davantage les salons de coiffure. En parallèle, le métier a perdu de son attrait. Il est de plus en plus considéré comme une profession «honteuse», voire, au mieux, bas de gamme. Faites le test autour de vous. Demandez aux personnes que vous connaissez s’ils dirigeraient leurs enfants dans cette filière professionnelle. Les réponses sont édifiantes.

D’autres artisans ont su se réinventer : la boulangerie, les métiers de bouche, même la petite hôtellerie. En coiffure, nous avons subi tous les vents contraires : espacement des visites des clients, réduction du panier moyen, guerre des prix, augmentation des matières premières qui réduit d’autant la marge déjà réduite des prestations…

Besoin d’un réajustement des connaissances

On a découragé les entrepreneurs qui faisaient l’effort de former leurs collaborateurs : en mars 2019, nous avons vu disparaître une grande partie des aides aux professionnels. Alors que, justement, le marché demandait un réajustement des connaissances avec l’arrivée des nouvelles technologies. Rien n’a été fait pour que la profession puisse prendre une nouvelle voie.

Nous sommes en mars 2020, dans une crise sanitaire sans précédent qui exige de tous un acte de civisme et le respect des règles. Nous devons tous jouer le jeu. Ensemble, même chacun chez soi, nous réussirons. Mais après ce fléau, dont j’espère qu’il pourra être jugulé rapidement, il y aura une autre hécatombe, celle des salons de coiffure.

Un grand nombre de mes confrères coiffeurs vont rendre leur tablier. Malgré toutes les mesures promises ces derniers jours – et j’espère qu’elles seront appliquées -, je crains qu’il ne soit trop tard, la profession étant déjà trop impactée financièrement. Trop d’entreprises de coiffure sont en sous-effectif, certains projets d’ouverture ne voient jamais le jour, faute de trouver des collaborateurs. C’est un cercle vicieux. La trésorerie est au plus bas pour une majorité de salons, certains ne se paient plus ou alors très peu depuis des mois pour garder leur salon.

Trouver de nouvelles façons de travailler

Que faire ? Le confinement est nécessaire pour notre santé. Mais cela ne veut pas dire rester isolé. Nous devons nous serrer les coudes, prendre des nouvelles des uns et des autres, échanger par téléphone ou par mail sur nos problématiques communes. Ce n’est pas le moment de la jouer «perso». Seul on va plus vite. Mais ensemble, on va plus loin.

Je profite de cette lettre ouverte pour faire appel à nos syndicats professionnels, l’Unec (Union nationale des entreprises de coiffure) et le Cnec (Conseil national des entreprises de coiffure) en leur demandant d’associer leurs forces pour la sauvegarde des plus fragiles d’entre nous. Car c’est le moment de mettre toutes nos ressources intellectuelles en commun pour trouver de nouvelles façons de travailler, des stratégies innovantes.

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