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Les coiffeurs veulent rouvrir le 1er décembre

INTERVIEW. Pour le président de l’Union nationale des entreprises de coiffure, Christophe Doré, ouvrir dans les prochains jours n’aurait aucun sens, car les clients, limités dans leurs déplacements, ne seraient pas au rendez-vous.

Profession bien-être : Ce reconfinement déchaîne les passions parmi les artisans et les petits commerçants. Vous partagez leur colère ?

Christophe Doré : Bien sûr ! Soyons francs : c’est un coup dur, un gros coup dur. Le mois d’octobre s’orientait tout doucement vers une reprise, après un mois de septembre très moyen. Rien à voir avec la folie que nous avons connue le 11 mai, à la fin du premier confinement. Les clients ont effectivement été au rendez-vous en mai et en juin, et nous avons fait des horaires de folie, de 6h du matin à 20h le soir, pour certains. Mais cette euphorie est vite retombée.

Alors oui, je comprends que ce reconfinement brusque a été un choc pour tout le monde. D’autant que les professionnels n’ont eu que 2 heures pour se préparer et prévenir leurs clients. Il a fallu décommander les rendez-vous, la mort dans l’âme. Nous n’avons même pas pu finir la semaine, alors que le samedi reste toujours le meilleur jour.

On vous a reproché de demander l’interdiction des prestations de coiffure à domicile… Qu’est-ce qui vous a motivé ?

Il y avait effectivement un vide juridique. Les textes prévoyaient la fermeture des établissements recevant du public. Les coiffeurs à domicile ont estimé, en toute bonne foi, que, ne recevant pas de public, ils pouvaient continuer à exercer, soulevant la colère des coiffeurs qui pratiquaient en salon. C’était un conflit de plus dans une situation déjà très tendue !

Or, la coiffure est une activité bien particulière, quelle que soit la manière dont on l’exerce, que ce soit en salon, ou à domicile. Donc, soyons clairs, soit la coiffure est une activité non-essentielle, soit elle est essentielle. Dans les deux cas, faire une différence de traitement entre le salon et le domicile est absurde. Et d’un simple point de vue d’équité, pourquoi avantager l’une des deux façons de pratiquer et créer des rivalités et des rancœurs inutiles ?

Vous approuvez la fermeture des salons ?

Je me range à l’avis du ministre de l’Économie, avec lequel nous avons beaucoup échangé. Il n’y a pas de solution miracle. Si on ouvre les établissements, les clients circulent, et le virus, aussi. Et le niveau croissant des contaminations indique qu’il circule de plus en plus rapidement. Et si on ferme les établissements, on confine et on stoppe la circulation du virus. La méthode a fait ses preuves avec le premier confinement. Je ne suis ni médecin, ni scientifique. Mais cela tombe sous le sens. Si chacun est responsable de ses actes et se soumet aux règles de sécurité, nous mettons les chances de notre côté pour ouvrir le plus rapidement possible.

Justement, avez-vous une date en tête ?

Je sais que beaucoup de professionnels réclament une réouverture dès le 12 novembre. Nous allons bien sûr faire tout ce que nous pouvons pour inciter les autorités à prendre des mesures le plus rapidement possible. Mais il faut aussi rester réaliste : à quoi bon ouvrir, si nous devons refermer quelques jours plus tard ? A quoi bon ouvrir, si les clients ne sont pas au rendez-vous ?

Aujourd’hui, avec la propagation du virus, avec des attestations qui ne permettent de sortir qu’une heure pour des activités essentielles, je ne vois pas comment nous pourrions ouvrir. Il n’est pas question d’ouvrir pour ouvrir, dans des conditions sanitaires incertaines. Le 2 novembre, nous avons donc demandé au ministre de travailler avec lui et de tout faire pour que nous puissions rouvrir nos salons le 1er décembre.

Le mois de novembre sera donc celui du confinement ?

Oui. Nous avons discuté avec Bruno Le Maire de plusieurs mesures à prendre pour envisager une reprise rentable à la fin du confinement. Nous avons évoqué l’éventualité d’ouvrir les salons de coiffure le dimanche au mois de décembre. Ce sera bien sûr au bon vouloir de chacun, ce n’est pas une obligation, mais une dérogation. Mais il faut le rentrer dans les textes pour que ceux qui décident de le faire ne soient pas pénalisés administrativement.

Encore faut-il le faire dans des conditions sanitaires qui permettent d’exercer nos activités sans mettre en danger la vie de nos clients et de nos collaborateurs. Tant que nous n’aurons pas stopper la propagation de ce virus, nous subirons des contraintes qui limiteront notre rentabilité. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle : je dirige un salon de coiffure avec dix collaborateurs.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

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