Le risque d’AVC n’est pas à prendre à la légère. Un accident vasculaire cérébral frappe sans crier gare. Le sang ne circule plus correctement vers le cerveau, et c’est la catastrophe. Les cellules cérébrales manquent d’oxygène et de nutriments, et finissent par mourir. Le résultat est grave, avec des lésions parfois irréversibles : paralysie, troubles de la parole, perte de mobilité…
Dans un post sur Instagram devenu viral, relayé par le site Allo docteurs, un neurochirurgien indien, le Dr Arun L. Naik, revient sur ce risque, que l’on a découvert il y a une trentaine d’années. Que dit-il ? «L’AVC survient lorsque le cou est en hyperextension ou mal positionné, alors que l’on est allongé sur le dos devant un lavabo de salon, ce qui comprime ou endommage les artères du cou, en particulier l’artère vertébrale. Cela peut entraîner une réduction du flux sanguin vers le cerveau», explique le médecin.
Le « syndrome du salon de coiffure »
En effet, les artères vertébrales, qui traversent le cou pour nourrir le cerveau en sang, sont fragiles. Quand on incline trop le cou en arrière ou qu’on le maintient tendu trop longtemps, elles risquent d’être endommagées. Résultat : le flux sanguin est perturbé. Et les symptômes ne tardent pas : vertiges, vision floue, engourdissements, troubles de l’élocution…
Ce constat n’est pas nouveau. Une étude, publiée en 2022, revient sur le «syndrome du salon de coiffure» – «beauty parlour stroke syndrome» en anglais -, déjà évoqué dans les années 1990. À l’époque, des neurologues avaient observé des patients souffrant de vertiges, maux de tête ou pertes d’équilibre, après avoir maintenu leur cou trop longtemps en arrière lors d’un shampoing chez le coiffeur. Certains cas ont conduit à un AVC, entraînant des séquelles graves, voire une invalidité quasi-permanente.
Dans une autre étude sur le sujet, menée entre 2002 et 2013, des chercheurs ont analysé les événements ischémiques cérébraux (problèmes de circulation sanguine dans le cerveau causés par le blocage d’un vaisseau sanguin) liés à des visites chez le coiffeur. Résultats : 10 cas ont été recensés, dont 9 AVC et 1 accident ischémique transitoire. Et les patients touchés étaient principalement des femmes.
Que faire pour éviter un risque d’AVC ?
Dans son post, le Dr Arun L. Naik donne cinq pour conseils aux clients pour réduire le risque d’AVC dans un salon de coiffure. Nous les avons adaptés aux professionnels :
1 – S’assurer que le cou est correctement soutenu pendant que les cheveux sont lavés. Placer une serviette ou un coussin sous le cou pour éviter l’hyperextension.
2 – Ajuster la position du lavabo et, si possible, la chaise du salon. Abaisser la hauteur du lavabo, afin que le cou ne soit pas trop étiré vers l’arrière.
3 – Faites des pauses : si le client est assis dans une position inconfortable pendant une longue période, accordez-lui des pauses ou changez-le de position pour alléger la tension dans le cou.
4 – Soyez attentif aux symptômes, en particulier si le client commence à se sentir étourdi ou à ressentir des symptômes inhabituels pendant ou après son lavage de cheveux.
5 – Antécédents médicaux : si le client a des antécédents médicaux au niveau du cou ou des vaisseaux sanguins, il doit vous informer. Posez-lui la question. Si c’est le cas, envisagez d’opter pour d’autres techniques de lavage des cheveux, comme l’utilisation d’un pulvérisateur portatif en position assise.
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