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La reprogrammation cellulaire pour lutter contre l’alopécie

CHUTE DE CHEVEUX

L’avenir de la lutte contre la calvitie ? Inspirée par les travaux du prix Nobel japonais Shinya Yamanaka, la start-up californienne dNovo a développé une technologie qui lui permet de reprogrammer des fibroblastes en cellules souches capillaires.

Greffe de cheveux ? Ou prise de médicaments, comme le finastéride ou le minoxidil ?… Une chose est sûre : les options actuelles sont coûteuses ou peuvent induire de graves effets secondaires. Les chercheurs se sont donc tournés vers d’autres pistes pour combattre l’alopécie, notamment les cellules souches.

En 2020, une étude menée par l’Université de Calgary (Canada) suggérait que les cellules souches de fibroblastes (cellules de la peau), en perdant peu à peu leur fonction régénératrice, joueraient un rôle bien plus important qu’on ne le pensait dans la perte de cheveux liée à l’âge. Il s’agirait donc, pour ces scientifiques, d’empêcher cette dégénérescence et aider ainsi la peau à se reconstituer.

D’autres solutions sont explorées. Ainsi, la jeune pousse dNovo, installée dans la Silicon Valley, vient de lever 2,7 millions de dollars pour développer une technologie innovante : la reprogrammation génétique de n’importe quel fibroblaste du corps en cellules souches capillaires. L’objectif, à terme, est de pouvoir régénérer les follicules grâce aux propres cellules du patient, ce qui minimiserait le risque de rejet.

Conversion d’un type de cellule en un autre

C’est un scientifique japonais, Shinya Yamanaka, co-lauréat du prix Nobel de médecine, en 2012, avec le Britannique John B. Gurdon, qui a mis au point, six ans plus tôt, ce procédé, en parvenant à transformer des cellules adultes différenciées de peau en cellules souches pluripotentes, similaires à celles que l’on trouve au stade embryonnaire, et donc susceptibles de régénérer tous les tissus de l’organisme.

Mais dNovo précise que sa démarche n’est pas tout à fait la même. «La technologie de reprogrammation directe ne repose pas sur la génération de cellules pluripotentes, mais convertit directement un type de cellule en un autre (par exemple, dans notre cas, des cellules de la peau en cellules souches capillaires). Cela rend notre système rapide et évolutif», assure le Dr Ernesto Lujan, fondateur et PDG de la start-up, cité dans un communiqué.

Bref, une technologie qui permet de régénérer directement de nouvelles cellules souches capillaires. Mais pour l’instant, les chercheurs ont travaillé sur des modèles murins, en transplantant les cellules sur la peau des rongeurs. Reste à tester le procédé sur des êtres humains. Le travail ne fait que commencer.

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