«La morphopsychologie permet de désamorcer une agressivité latente»

L'équipe de BRO Paris

La coiffure, un pas vers la connaissance de soi-même ? Passionné de morphopsychologie, Jean-Marie Contreras l’applique au quotidien dans son salon. Interrogé par Profession bien-être, il nous explique pourquoi la discipline est devenue si populaire.

Profession bien-être : Devenir coiffeur, c’était votre choix de carrière ?

 Jean-Marie Contreras : Oui. Transformer la matière vivante qu’est le cheveu et embellir l’image, c’était une passion. Inutile de dire que cela a été moyennement accueilli dans ma famille. Nous étions trois garçons, j’étais le petit dernier, mes deux aînés étaient, respectivement, l’un avocat, l’autre, dans la gestion. Mais j’ai tenu bon : je suis plutôt persévérant !

Vous vous êtes dirigé dans quelle filière ?

En fait, tout m’intéressait dans le domaine. J’ai donc exploré toutes les facettes de ce métier. Après un circuit de formation classique, CAP et BP, maîtrise, j’ai passé des concours qui m’ont fait remarquer. Je suis devenu assistant de coiffeur de studio, avant de prendre en charge moi-même des shootings, manager plusieurs salons, puis de travailler pour de grandes marques.

À chaque fois, j’ai pu acquérir de nouvelles connaissances. J’ai eu la chance de côtoyer de grands noms de la coiffure internationale. Aujourd’hui, je crée deux collections par an et je me consacre principalement au centre de formation que j’ai créé, la Contreras Academy, implantée dans plusieurs villes de France. Je n’ai pas perdu le contact avec le public : j’ai un salon pilote de 12 salariés où je travaille avec ma fille.

Vous avez voulu pourtant aller au-delà de la coiffure…

C’est vrai. La coiffure me comblait, mais je voulais aller plus loin. Lorsque j’étais en poste, j’avais besoin d’un outil supplémentaire pour enrichir l’expérience client. J’ai suivi un stage de morphopsychologie. C’était une révélation : j’avais là un outil pour aider mes clients et aller au-delà du simple embellissement technique. Je me suis passionné pour cette discipline, au point de passer une thèse sur le sujet. J’ai même occupé pendant six ans le poste de président de la Fédération française de morphopsychologie.

Rien à voir avec la coiffure, donc ?

A priori, non. Quoique… Au départ, j’ai fait beaucoup de formations en entreprises, en particulier dans les services de vente. Mais j’ai très vite compris que ces techniques permettaient d’avoir de meilleurs résultats en coiffure. Aujourd’hui, j’ai besoin de ces deux éléments au quotidien. Et ils se marient très bien.

J’intègre tout naturellement la morphopsychologie dans le Conseil en image. En créant le morpho-visagisme, j’ai pu intégrer dans les formations des approches qui facilitent le travail du coiffeur. Elles renforcent le capital confiance que nous accorde le client. Un coiffeur doit savoir maitriser tous les aspects techniques de son métier. Mais prendre soin de l’humain lui permet de fidéliser et de prospérer.

Comment les clients ont-ils accueilli cette démarche ?

Au départ, ils étaient simplement curieux et amusés. Aujourd’hui, peut-être à cause de ce que nous traversons, le public est plus ouvert sur toutes ces techniques qui relèvent plutôt de l’énergétique. Regardez le succès des coupes «énergétiques». Mais comme beaucoup de techniques originales, la morphopsychologie n’a rien d’ésotérique ni de magique. C’est seulement un outil pour mieux se connaitre.

Quel conseil donneriez-vous à un coiffeur qui voudrait se lancer en utilisant cette technique ?

D’être ouvert et attentif. Et surtout, de ne pas positionner les visages dans de petites cases. Le visage se modifie constamment au cours d’une vie, en fonction des événements vécus et de l’état général de la personne. La morphopsychologie est un outil incroyable, mais ce n’est pas une baguette magique.

Lors d’une consultation, je précise toujours que je ne suis pas un voyant ! C’est pourquoi, dans mes formations, j’ai intégré ces pratiques dans le conseil en image. Si, par la suite, la personne est amenée à faire une réflexion sur elle-même, c’est un plus. Il ne s’agit pas non plus de remplacer le psy !

Sur un plan plus pratique, la morphopsychologie permet en observant l’autre de désamorcer une agressivité latente. Et depuis le début de la pandémie, tout le monde est devenu plus agressif, sur le qui-vive. D’où l’intérêt d’y recourir pour enrichir l’expérience client.

Tous les coiffeurs peuvent-ils intégrer cette technique ?

Oui, à condition d’avoir envie d’aider les autres. Et d’aimer son métier. Mais entre nous, si ce n’est pas le cas, c’est désolant. Si votre but est d’amasser de l’argent, et uniquement cela, autant changer de carrière.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg. 

Découvrez nos partenaires

Dans la même catégorie d' Articles