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Gestion : combien vaut votre salon de coiffure ?

Combien vaut un salon de coiffure ?

Tout responsable de salon de coiffure s’est déjà posé la question, au moins une fois, que ce soit pour transmettre sa structure, la vendre ou se faire une idée de sa valeur. Comment s’y prendre ? Les conseils d’Olga Romulus, directrice des relations extérieures du groupe Fiducial et expert-comptable.

Olga Romulus expert-comptable Profession bien-être : Pour connaître la valeur de son salon, on a tendance à s’appuyer sur son chiffre d’affaires. Quels sont les barèmes dans la coiffure ?

Olga Romulus : En effet, quand on parle de petites entreprises, il existe essentiellement trois méthodes d’évaluation, dont la plus connue est la méthode dite «métier», qui est un pourcentage du chiffre d’affaires. Dans la coiffure, si l’on se réfère aux éditions officielles Francis Lefebvre, ce pourcentage se situe entre 30 et 80% de l’activité. C’est une fourchette large, parce qu’on prend ici la plus haute et la plus basse des observations faites. Si vous consultez le Callon, autre ouvrage de référence, c’est un peu plus précis : dans une ville moyenne entre 65 et 80% du chiffre d’affaires TTC, pour un salon de coiffure hommes, mais entre 70 et 100% pour un salon de coiffure dames.

Quelles sont les autres méthodes ?

La deuxième est plus financière, c’est la méthode des flux actualisés de trésorerie ou «discounted cash-flow» (DCF). L’idée est de valoriser une entreprise sur la base des flux financiers futurs. En clair, on établit un business plan sur plusieurs années, selon son projet, et on actualise les futurs flux de trésorerie anticipés, pour obtenir une valeur à la date actuelle. Sur le plan pratique, cette méthodologie permet d’évaluer sa capacité de remboursement et de négocier ensuite avec des investisseurs. Avec cette méthode, l’entreprise ne vaut pas plus ce qu’elle est capable de produire en termes de flux financiers futurs. On se cale ensuite sur sa capacité d’endettement.

Est-elle pertinente pour un salon de coiffure ?

Non. Ce n’est pas ma méthode préférée, car elle est très financière, décorrélée de la vraie création de richesses à date. Dans l’artisanat, on n’est pas sur des start-up pour lesquelles on va valoriser des cash-flows. On n’est pas non plus sur une pure valorisation du chiffre d’affaires, parce qu’on peut perdre de l’argent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’activité. Un loyer trop cher, par exemple, peut venir grever le résultat alors que le salon marche très bien sur le plan commercial.

Quelle est la meilleure méthode selon vous ?

C’est la méthode qui s’appuie sur un multiple de l’excédent brut d’exploitation (EBE), c’est-à-dire la vraie création de richesses du salon. Pratiquement, on part du résultat comptable et on analyse si celui-ci est réalisé dans des conditions de marché. Un exemple : si le loyer est peu élevé et ce, pour des raisons en lien avec le cédant, comme une relation familiale, le repreneur risque, demain, de ne pas avoir les mêmes conditions aussi favorables en termes de loyers. C’est un risque qu’il me faut donc intégrer dans l’analyse de la rentabilité du salon.

Comment ?

On corrige le résultat tel qu’il est présenté par rapport aux conditions standards de fonctionnement du salon. En fait, on le «dépollue» de tout ce qui nous paraît anormal, pour le faire revenir à des conditions normales de fonctionnement. Ensuite, sur la base de ce résultat corrigé, on va se demander si on est capable d’obtenir la même chose, une fois la transaction réalisée.

Cela va bien plus loin qu’un simple pourcentage du chiffre d’affaires ou une actualisation des flux de trésorerie…  

Oui, car on fait une analyse de tout l’environnement du salon, c’est-à-dire sur le plan commercial, juridique, financier, mais aussi au niveau de la politique sociale et des investissements réalisés par l’actuel propriétaire. Si tout va bien, on peut imaginer, par exemple, qu’on peut renouveler ce résultat un certain nombre d’années et on le valorisera peut être alors jusqu’à dix fois l’EBE. Mais si, au contraire, on estime que le salon est dans une période fragile, avec beaucoup de démissions, un environnement commercial très agressif et un outil de travail vieillissant, la valorisation sera alors bien moindre.

Qui décide de la méthode ?

Si le coiffeur travaille avec un cabinet comptable, celui-ci proposera une fourchette d’évaluations à partir de plusieurs méthodes. Mais j’insiste : c’est un point de départ pour l’acheteur ou le cédant, car il faut bien avoir en tête que la valorisation ne fait pas le prix, un peu comme dans l’immobilier. C’est la négociation entre les parties qui permettra de déterminer le prix final.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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