Ne lui dites pas que les barber shops sont un effet de mode ou un marché de niche, Baky Barber vous rirait au nez. Et il aurait raison ! Pourtant, rien ne disposait ce trentenaire franco-malien, devenu la référence des barbiers français sur Instagram, à ce métier, qu’il professe aujourd’hui avec passion. À 20 ans, sans très bien savoir où cela le mènerait, Kevin Bakary Marq (son vrai nom) s’embarque pour l’Angleterre. Il ne parle pas anglais ? La belle affaire ! Il a toute la vie devant soi et une furieuse envie de changer d’air.
Il sillonne Londres, prêt à saisir sa chance. Derrière son aisance naturelle et sa curiosité débordante, une détermination farouche : tracer sa propre route. Il finit par atterrir dans une barber school. Il se dit alors : «pourquoi pas ?». Et c’est le déclic. Le jeune homme se découvre un talent inné pour le barbering, un univers bien plus à sa portée qu’il ne l’imaginait. «À ma grande surprise, j’ai découvert que j’avais peut-être un don particulier», se souvient-il.
Baky Barber s’aperçoit surtout que le barbering est un nouveau marché en plein essor, tiré au départ par les hipsters, mais soutenu et amplifié par les rappeurs et les footballeurs, qui lancent de véritables modes de coiffure masculines. Il a trouvé sa vocation. Grâce à son sens du contact, les rappeurs deviennent rapidement ses clients. Tout comme leurs fans.
Une clientèle qu’il va retrouver une fois rentré en France, où il prend la gérance d’un salon, le 235th Barber Street, la première chaine de barber shops en France. Là encore, le succès est au rendez-vous, renforcé par les réseaux sociaux. Peu après la pandémie – qui le ralentit à peine -, Baky Barber s’installe à Dubaï, où il s’associe avec un rappeur pour ouvrir un salon. Encore un carton !
« Pour être barber, pas besoin de cocher des cases ! »

Ce qui lui plaît dans son métier ? La liberté. Et pas seulement dans l’entrepreneuriat. «Pour être barber, pas besoin de cocher des cases. Il n’y a pas de physique pré-défini ou des codes particuliers. Être barber, c’est être différent», admet-il dans un sourire. Cette différence, il la cultive. Et la transmet. Car il s’est pris d’une nouvelle passion : celle de former tous ces jeunes attirés par le barbering et le grooming.
Son secret ? Ne jamais se laisser dépasser par la tendance. «Je regarde beaucoup ce qui se fait ailleurs. La mode capillaire évolue vite : il ne faut jamais rester sur ses acquis. je prends beaucoup d’informations, que ce soit en live ou sur les réseaux», confie-t-il. Ses formations préférées ? Celles qu’il effectue en one to one sur site.
À l’image de ses maîtres londoniens, il enseigne aussi l’art de se démarquer et de bâtir une marque. «Il y a tant à apprendre du modèle anglais. En France, tout reste à faire, puisque le CAP coiffure se concentre sur la coiffure féminine. Or, c’est le marché masculin qui présente le plus de pistes de croissance», souligne-t-il.
C’est dans cet esprit qu’il participe à l’événement Paris Barber Plug, organisé le 17 février par la jeune plateforme de gestion Iddan. Lors de cette matinée, Baky ne se contentera pas de faire une démonstration de son talent : il promet de partager les techniques et les astuces qui l’ont aidé à progresser.
Et cela concerne aussi les principales préoccupations de tous ceux qui veulent se lancer dans le barbering : comment attirer plus de clients, comment développer une image de marque forte et, enfin, comment augmenter ses prix sans perdre ses clients. La suite ? Des projets, le barber n’en manque pas. Non content de développer son Académie de barbiers, il devrait ouvrir très prochainement un salon parisien haut de gamme. Affaire à suivre, donc.
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