La calvitie d’Édouard Philippe n’a jamais été un secret. Mais ce qui captive l’attention des médias depuis peu, c’est son évolution inattendue. En 2023, l’ancien Premier ministre a révélé qu’il souffrait d’une pelade, une forme d’alopécie particulièrement tenace qui entraîne une perte brutale des cheveux ou des poils dans des zones spécifiques.
En public, sa calvitie se faisait plus marquée. La perte progressive de ses cheveux est même devenue un sujet de conversation récurrent. En 2022, il répondait avec humour à un journaliste du Parisien : «Très récemment, mes sourcils sont tombés… Je me suis longtemps demandé à quoi servait un sourcil. Eh bien, cela sert à se faire remarquer quand ça tombe !»
Mais les choses ont pris un tournant inattendu. En dépit des années de lutte contre ce phénomène, ses cheveux ont fini par repousser. «Sans traitement ni opération», précise-t-il aujourd’hui. Un retournement que les spécialistes de la santé capillaire s’accordent à qualifier de rare.
En fait, la pelade, bien que largement maîtrisable, demeure un phénomène médical complexe. «C’est un processus de blocage du fonctionnement du bulbe pileux par la présence de cellules inflammatoires, les lymphocytes. Ces lymphocytes vont larguer des substances qui bloquent, mais qui ne détruisent pas le bulbe», ce qui expliquerait que, sans facteur particulier, les cheveux peuvent ensuite repousser à tout moment, souligne le dermatologue Marc Perrussel, cité par Le Parisien.
« L’alopécie est une maladie capricieuse »
Une phase de rémission que le Dr Thomas Lafon, médecin généraliste spécialisé en dermatologie et cofondateur de l’application Pictaderm, justifie par un mécanisme de régulation capillaire. Selon lui, dans les pathologies inflammatoires, l’arrêt de la phase télogène, période de repos entre la croissance et la chute des cheveux, peut permettre la repousse si l’inflammation n’a pas endommagé de manière irréversible le follicule pileux.
Pour le spécialiste du cheveu Philippe Assouly, membre de la Société française de dermatologie (SFD), l’alopécie est une maladie «capricieuse». Interrogé par franceinfo, il estime que sa reprise est imprévisible, pouvant survenir dans un jour, un an, dix ans, ou ne jamais revenir. «Il faut rester humble, il y a beaucoup d’inconnues», admet le spécialiste.
En attendant, les pérégrinations capillaires d’Edouard Philippe auront peut-être contribué à dédramatiser ce type de pathologie. «J’ai vécu le fait d’avoir cette maladie qui n’était ni dangereuse, ni contagieuse, ni douloureuse, mais visible. Très visible. Et je peux dire, parce que je l’ai vécu, que perdre tous ses cheveux et tous ses poils, c’est tout sauf neutre, témoigne Édouard Philippe. Ça change votre aspect, votre visage, le regard que vous avez sur vous-même et que les autres ont sur vous. Ce n’est pas rien».
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