Ils souhaitent reprendre leur activité mais pas à n’importe quel prix. «Je ne mettrai pas mes clients et mon équipe en danger pour des cheveux», prévient Anne-Elisabeth Cadic, qui a signé une pétition pour que les salons restent fermés le 11 mai.
«On n’arrête pas de lire que les professionnels sont impatients de reprendre, mais beaucoup s’inquiètent aussi des risques encourus», assure cette jeune professionnelle de 34 ans, citée par Ouest-France. Installée à Rezé (Loire-Atlantique), Anne-Elisabeth Cadic fait partie des signataires d’une pétition qui s’opposent à la réouverture des salons le 11 mai, jugée trop risquée. Adressée à la ministre du Travail, elle avait recueilli jeudi près de 860 soutiens.
«Mon travail et mes collègues me manquent, mais jamais je ne mettrai mes clients et mon équipe en danger pour des cheveux», avertit la Nantaise, à la tête du salon VOG Coiffure Rezé depuis trois ans. D’autant que la «fiche métier», qui doit préciser les mesures sanitaires pour les salons de coiffure, n’a toujours pas été mise en ligne par le ministère du Travail.
Raccourcir la durée des rendez-vous ?
Mais au-delà de la protection sanitaire, la franchisée indépendante s’interroge aussi sur l’impact de ces mesures sur la pratique du métier. «Comment faire un tour d’oreille, lors d’une coupe d’une personne masquée ? Les clients devront être à 1,50 m ou 2 m de distance. Et quid des sèche-cheveux qui risquent de brasser de l’air ? Nous devrons sans doute couper la climatisation, mais le salon va devenir irrespirable», détaille-t-elle.
Autres inquiétudes. Dans son allocution devant l’Assemblée nationale, mardi, le Premier ministre a souhaité encourager la mise en place d’horaires décalés, pour permettre un étalement des flux sur les lieux de travail. Mais ces dispositions posent aussi de nouvelles questions pour le sprofessionnels du ciseau.
«Il faudra donc multiplier les pauses pour les quatre personnes de l’équipe. L’idée aussi serait de ne pas garder un client plus d’une heure : faudra-t-il alors pratiquer permanente, mèche et couleurs en deux fois ? Et à quel prix ?», se demande Anne-Elisabeth Cadic, qui craint que l’allongement des amplitudes horaires et du travail dominical, récemment évoqué par l’Unec, ne finisse par épuiser son équipe.



