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Après-11 mai : ce qui risque de changer dans vos conditions de travail

Quelles seront les nouvelles contraintes sanitaires ? Pour vous aider à y voir plus clair, Profession bien-être a identifié pour vous, avec l’aide de la Fédération française des associations de la coiffure et de l’esthétique (FFACE), les principaux changements auxquels les coiffeurs devront se préparer. 

Confinés depuis six semaines, 55 formateurs coiffure, sollicités par la Fédération française des associations de coiffure et d’esthétique (FFACE), ont uni leurs forces pour former un groupe de réflexion. Leur objectif ? Déterminer à quoi ressemblera le salon de coiffure post Covid-19 et les mesures à adopter pour assurer la sécurité des coiffeurs et de leurs clients.

Dans cette optique, ils viennent de déposer leurs conclusions sous forme de fiches sanitaires auprès des ministères du Travail et de la Santé, comme leurs collègues de l’Union nationale des entreprises de coiffure (UNEC) ou du Conseil national des entreprises de coiffure (CNEC). Les documents proposés – que vous pourrez télécharger en fin d’article – détaillent des procédures très précises, allant parfois au-delà de ce que les consignes officielles vous imposeront.

Bonne nouvelle, vous ne partez pas de zéro ! Beaucoup de gestes, qui relèvent du simple bon sens, font déjà partie de votre quotidien…

Masques et visières

«On va ressembler à des cosmonautes», «Bonjour, la convivialité du masque, on va leur faire peur»… Les commentaires des professionnels vont bon train sur les réseaux sociaux. Le meilleur moyen de se protéger, c’est d’empêcher la contamination. Au masque trois plis jetable, qui dissimule le sourire et l’expression du visage – qui n’arrangera que les coiffeurs grognons -, il vous faudra sans doute préférer la visière transparente qui laisse voir le visage mais protège efficacement des projections. Quitte à combiner les deux !

Le gros avantage de la visière transparente (l’arme absolue anti-postillons) est d’être réutilisable. Il suffit, en effet, de la désinfecter, même à l’eau et au savon. Et son port est plus confortable au fil des heures. Contrairement à certains pays asiatiques les plus en pointe dans la lutte contre le coronavirus (Taïwan, Corée du Sud), la visière n’est pas réquisitionnée pour les services sanitaires française. Elle est donc encore disponible en stock chez les grossistes.

Les masques de protection jetables étaient déjà utilisés dans certains salons pour protéger les salariés des émanations de certains produits chimiques. Ils devraient donc faire partie de l’équipement recommandés prochainement. Attention : l’efficacité d’un masque jetable est limitée dans le temps. Il faut le changer toutes les trois heures et bien se laver les mains à chaque changement de masque.

Il existe deux types de masques : le modèle FFP2, destiné en priorité au personnel soignant – et donc peu disponibles aux autres professions. En revanche, le masque chirurgical trois plis se trouve plus facilement, même si l’approvisionnement est encore lent.

Travailler avec des gants

Si les coloristes et les techniciens utilisent déjà couramment les gants pour protéger leurs mains, ce n’est pas le cas des «créatifs», en charge des coupes et du coiffage. Impossible de travailler avec des gants, se plaignent ainsi certains professionnels. Les formateurs du groupe de travail de la Fédération française des associations de la coiffure et de l’esthétique (FFACE) tranché : oui, il est possible de travailler avec des gants de chirurgien.

«C’est une habitude à prendre et au bout de cinq minutes on les oublie !», assure Erik Dumon, fondateur d’Educattitude. Il faut donc prévoir des gants que l’on gardera tout au long de la prestation, y compris lors de l’encaissement. Ils seront ensuite jetés après chaque client. Reste juste à apprendre comment les retirer sans risque et prévoir une corbeille spéciale qui leur sera dédiée.

La tenue de travail

Pour rester logique, il faudrait porter une «surblouse» stérile à usage unique. Une habitude pas très facile à adopter pour le coiffeur ! Autre solution : une tenue de travail dédiée, que le coiffeur mettrait en arrivant le matin, et qui serait lavée chaque soir. Pour la bonne rotation de lavage, comptez au moins trois tenues par coiffeur.

La protection du client

Toutes ces précautions ne serviront à rien si vous ne protégez pas votre cliente. Il vous faudra mettre à disposition du gel hydro-alcoolique, afin que le client puisse se désinfecter les mains à son arrivée et à son départ. Choisissez la formule qui vous convient : bonbonnes sur le comptoir d’accueil ou lingettes à usage unique sur les postes de coupe.

Le linge peut être contaminant, hélas. Il faut donc réduire au maximum les contacts entre vos clients et avec le mobilier de votre salon. Le peignoir ou la cape jetable (plus abordable) est une bonne solution. Votre cliente l’enfilera elle-même et à la fin de la prestation, elle le jettera dans une poubelle prévue à cet effet.

Pour ceux qui veulent continuer à utiliser leurs peignoirs classiques, une procédure précise est nécessaire. Une fois le peignoir retiré (par la cliente) et placé dans la corbeille prévue à cet effet, il faudra le placer directement dans votre machine à laver (avec des mains gantées). A la fin de la journée, vous ferez tourner votre machine.

Autre élément indispensable d’un salon de coiffure : la serviette ! Là aussi, vos habitudes vont être bouleversées. Optez de préférence pour des serviettes jetables à usage unique. Et le fait de déballer devant le client une serviette neuve lui prouvera que vous avez une attitude responsable et soucieuse de sa santé.

Désinfection du matériel

Au bac, le tour de cou est en contact direct avec la peau du client, il est donc fortement contaminable. Après chaque passage au bac, il faut donc désinfecter ce tour de cou, soit avec des lingettes, soit avec un spray virucide.

La désinfection des outils est déjà une pratique courante en salon de coiffure. Les moyens ne manquent pas : lingettes, spray, stérilisateur à UV, bain dans un produit désinfectant. Mais attention : la désinfection ne concerne pas que les outils de coupe ! Tous les accessoires et outils nécessaires à la prestation doivent être désinfectés :  rasoirs, ciseaux, tondeuses, mais aussi peignes, brosses et pinces.

Après chaque client, il vous faudra désinfecter les différents éléments avec lesquels il a pu être en contact, comme les poignées de portes, le comptoir d’accueil, le fauteuil de coupe, le bac, etc. Et chaque soir, il vous faudra désinfecter entièrement le salon, du sol au mobilier.

La « distanciation sociale »

Cela passe d’abord par moins de clients dans votre salon en même temps. Si vous possédez quatre postes de coupe, par exemple, n’en occupez qu’un sur deux. Cela vous permettra de protéger votre client de celui qui se trouve deux fauteuils plus loin.

En revanche, pour votre prestation elle-même, si vous avez bien respecté les mesures de protection (visière, gants, masques…), vous devriez pouvoir réaliser voter coupe sans problème. Y compris les soins de la barbe, car, contrairement à ce que craignent certains praticiens, ce n’est pas le client qui est censé porter le masque…

Votre salon est trop petit pour faire respecter cette distanciation sociale ? Il vous faudra n’accueillir qu’un client à la fois. Tout va tenir dans la façon d’organiser votre planning de rendez-vous. Vous allez aussi devoir réfléchir au type de soin que vous allez réaliser : une couleur ajoutée à une coupe, vous immobilisera un poste de travail pendant plus de deux heures… D’où l’intérêt évident à l’heure actuelle vers les solutions de prise de rendez-vous en ligne.

Les petits gestes du quotidien

Le salon de coiffure, c’est aussi un ensemble de petites attentions pour créer une ambiance conviviale. Journaux, mise à disposition d’une tablette… Autant de petits conforts auxquels il faudra renoncer. Car le virus adore se nicher sur toutes ces surface pour attendre son heure ! C’est le cas aussi de la tasse de café ou de thé. Si vous voulez continuer à proposer ce petit geste, il va falloir le modifier, et n’utiliser que des gobelets jetables. Moins convivial, moins écolo, mais plus sûr.

L’approvisionnement

Après une période de disette, où tout le matériel de protection disponible était réquisitionné pour les services de santé, cruellement dépourvus, les grossistes du secteur ont pu reconstituer leurs stocks. Visières transparentes, masques et gants jetables, gel hydro-alcoolique, désinfectant en spray ou surblouses sont de nouveaux disponibles. C’est peut-être le moment de préparer dès maintenant vos commandes pour l’après confinement. Car après l’annonce officielle des mesures à prendre, il y aura certainement un rush !

Intégrer ces nouveaux frais

Bien sûr, toutes ces mesures ont un coût. Comment en tenir compte dans la fixation de votre prix ? C’est un élément à intégrer dans le calcul de votre marge, au même titre que le produit que vous utilisez. Le client va-t-il vraiment hésiter à payer 2 euros supplémentaires, s’il sait qu’il s’agit de préserver sa santé ?

Après tout le métier de coiffeur n’a jamais cessé de se réinventer. De plus, renforcer les mesures d’hygiène et de protection est un facteur rassurant pour le client.  C’est un message implicite qui lui signalera que vous prenez soin de sa santé. N’hésitez d’ailleurs pas à afficher clairement le message du genre : «Votre coiffeur s’engage pour votre santé !». Et il faut faire aussi confiance à la créativité des coiffeurs pour relever d’une pointe d’humour ces nouveaux process…

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