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Apprentissage : réactions contrastées aux mesures annoncées

Le gouvernement a annoncé jeudi une série de mesures en faveur de l’apprentissage, notamment un rehaussement de l’aide à l’embauche d’un apprenti. Des mesures saluées par l’U2P, tandis que CMA France et l’UNAF ont estimé, pour leur part, qu’elles devraient aller plus loin. 

Pas moins d’un milliard d’euros a été mis sur la table pour éviter que l’apprentissage ne fasse les frais du contrecoup économique de la crise sanitaire, avec, notamment, un recul du nombre de nouveaux contrats à la rentrée. Concrètement, une aide élargie à l’embauche sera versée aux entreprises qui recruteront un apprenti du 1er juillet au 28 février.

Elle s’élèvera à 8 000 euros, pour les majeurs, et 5 000 euros, pour les mineurs, alors qu’elle s’élève actuellement à 4 125 euros. Avec cette mesure, un apprenti mineur en coûtera rien à l’entreprise et le reste à charge sera limité à 175 euros par mois pour un apprenti majeur. Par ailleurs, les futurs apprentis qui ne trouvent pas d’employeurs pourront rester jusque six mois en CFA sans contrat, c’est-à-dire jusque fin février, au lieu des trois mois actuels.

Pour l’Union des entreprises de proximité (U2P), ces mesures répondent «directement et quasiment totalement» à ses demandes. Dans un communiqué, elle salue «l’action volontaire du gouvernement». «En plus d’avoir largement fait la preuve de son efficacité dans la formation et l’émancipation des plus jeunes, [elle] contribuera à préparer pour l’avenir les compétences dont les artisans, les commerçants et les professionnels libéraux ont besoin pour se développer et jouer pleinement leur rôle dans la reprise économique», se réjouit l’organisation patronale.

Moins enthousiaste, le réseau des Chambres des métiers et de l’artisanat (CMA France) estime que, si ces mesures représentent «un pas en avant important», elles « ne sont pas à la hauteur de l’enjeu». Selon les chambres consulaires, l’aide élargie au recrutement «ne vient pas renforcer suffisamment les aides existantes dont bénéficient les entreprises artisanales les plus touchées par le risque de faillite».

Justifier « un accompagnement réel »

CMA France se félicite, en revanche, de la décision de prolongation de 3 à 6 mois d’un jeune sans contrat en CFA, et, comme l’U2P, le fait que l’équipement informatique de l’apprenti soit désormais éligible à l’aide au premier équipement versée par les OPCO. «Cette aide, qui a fait sa preuve avec la mise en place de la téléformation, ne doit pas être au détriment d’achat d’équipements nécessaires à la formation des métiers artisanaux», souligne le réseau dans un communiqué.

Enfin, l’Association nationale des apprentis de France (ANAF) considère, de son côté, que l’extension de la durée de trois à six mois pour trouver une entreprise «est trop faible». «L’échéance de six mois pour décrocher un contrat d’apprentissage ne poussera pas les jeunes à s’engager dans cette voie», prévient l’organisation dans un communiqué.

Elle juge, par ailleurs, que l’accès à l’aide au recrutement «devrait être conditionnée par une justification d’accompagnement réel et qualitatif des apprentis au sein de l’entreprise, comme la formation du maître d’apprentissage», craignant que les entreprises n’en profitent pour remplacer des apprentis sortants par de nouveaux «au lieu de leur proposer un contrat durable».

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