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L’essor discret de la chirurgie esthétique chez les hommes

CHIRURGIE ESTHÉTIQUE

La chirurgie esthétique masculine n’est plus marginale. Selon le chirurgien plasticien Jonathan Fernandez, vice-président de la Sofcep, les hommes représentent désormais environ 16 % des procédures de chirurgie esthétique, une part en progression.

Dans le cabinet d’un chirurgien esthétique, la scène est devenue familière. Un homme de 45 ans explique qu’il fait du sport, qu’il surveille son alimentation, mais que certaines zones de son corps «ne partent pas»… Un autre consulte parce que son regard lui donne «l’air fatigué», tandis qu’un troisième évoque le recul de sa ligne frontale.

Ces demandes restaient discrètes. Aujourd’hui, elles s’expriment ouvertement. «Les hommes commencent, eux aussi, à faire de plus en plus attention à eux», a expliqué le chirurgien esthétique Jonathan Fernandez, vice-président de la Société française des chirurgiens plasticiens (Sofcep), lors d’un point presse. 

La fin d’un tabou masculin

Longtemps perçue comme un domaine essentiellement féminin, la chirurgie esthétique masculine s’inscrit désormais dans une dynamique plus inclusive. «La chirurgie esthétique masculine n’est plus seulement liée à des questions de sexualité ou à certains milieux. Pendant longtemps, on considérait que c’étaient surtout des hommes homosexuels qui faisaient attention à leur apparence. Aujourd’hui, ce paradigme change», a-t-il indiqué.

Dans ce contexte, les hommes consultent davantage et à des âges parfois plus précoces qu’auparavant. Leur démarche vise souvent à prévenir certaines transformations physiques redoutées, liées au vieillissement ou à la silhouette. 

«Les hommes, souvent plus jeunes qu’avant, consultent pour prévenir certaines évolutions du corps, notamment celles liées au vieillissement ou à l’évolution du poids. Leur démarche est légitime : il y a souvent des enjeux professionnels, sociaux et personnels. À 50 ans, à 60 ans, on veut encore être bien dans sa peau», a estimé le chirurgien esthétique. 

Cette progression se reflète dans les statistiques du secteur. «Aujourd’hui, environ 16 % de l’ensemble des procédures esthétiques concernent les hommes, et ce chiffre est en constante progression», selon le Dr Jonathan Fernandez.

Les demandes les plus fréquentes

Dans sa pratique, le chirurgien observe que cette demande se concentre principalement autour de trois types d’interventions : la lipoaspiration, la blépharoplastie (chirurgie des paupières) et la greffe de cheveux. «On ne fait plus de la lipoaspiration simplement pour ‘dégrossir’ un corps», a observé le spécialiste. L’objectif est plutôt de sculpter les reliefs musculaires, «de jouer avec les ombres et les lumières du corps».

La chirurgie des paupières répond, elle, à une autre demande fréquente : corriger les signes de fatigue du regard. «Le but n’est pas de transformer le regard, mais simplement de le défatiguer». Enfin, sans surprise, la greffe capillaire constitue l’une des interventions les plus demandées. 

«Les résultats sont très différents de ceux d’il y a vingt ans : on n’a plus ces ‘cheveux de poupée’ ou ces implantations artificielles. On recrée aujourd’hui des densités et des lignes capillaires très naturelles», a souligné le chirurgien. Une évolution qui, selon lui, illustre l’entrée progressive dans une nouvelle ère de la chirurgie esthétique masculine.

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