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Faux soins, vraie dérive : quand l’esthétique perd son âme

Hydrafacial

Hydrafacial, drainage Renata França, Endosphères… Ces méthodes de référence font vendre. Au point que certains professionnels n'hésitent plus à s'en approprier les noms sans en maîtriser les protocoles. Une dérive qui interroge l'éthique d'une profession entière. Par Catherine Cerezo.

Le secteur de l’esthétique et du bien-être a ses stars. Le drainage lymphatique Renata França, l’Hydrafacial, les Endosphères… Ces méthodes ne sont pas de simples concepts. Ce sont des protocoles codifiés, protégés et transmis via des formations officielles rigoureuses. 

Pourtant, sur le marché, les imitations prolifèrent : «drainage type Renata», «Hydra facial-like», «technique inspirée de…», etc. Le nom attire, mais la méthode n’est pas là. Ce phénomène, je  l’ai récemment mis en lumière dans un réel publié sur les réseaux sociaux. Résultat : des milliers de commentaires, des professionnels qui témoignent, des clientes qui réalisent qu’elles n’ont peut-être jamais reçu le soin qu’elles pensaient avoir payé. Le sujet touche, en effet, un nerf sensible.

Des méthodes codifiées mal perçues

Certaines méthodes deviennent des références mondiales. Elles sont développées par des experts, testées et perfectionnées pendant des années. Endosphères repose sur une technologie mécanique très particulière. Hydrafacial est un procédé breveté, avec des machines certifiées et un protocole spécifique. Le drainage lymphatique Renata Franca, quant à lui, s’appuie sur une technique précise, codifiée, avec une formation officielle. 

Le vrai problème ? Les clientes ne voient pas la différence. Car la plupart d’entre elles ne connaissent pas les subtilités techniques qui distinguent une méthode brevetée d’une copie approximative. Et c’est parfaitement normal. Quand elles lisent «Hydrafacial» sur une fiche de soin, elles s’attendent à recevoir l’Hydrafacial officiel, avec sa machine certifiée et son protocole spécifique. Et quand elles réservent un drainage Renata França, elles pensent bénéficier de la méthode créée par Renata França.

Or, dans les faits, elles reçoivent parfois une machine générique, un protocole approximatif ou une technique vaguement inspirée. Le problème n’est pas l’existence d’autres méthodes, car la créativité a toute sa place dans ce secteur. Le problème, c’est l’ambiguïté délibérée. Dans un métier qui repose sur la confiance, la transparence devrait être une règle d’or, pas une option.

Une question d’éthique professionnelle

L’esthétique est un métier de soin, de précision et de transmission. Mais il est aussi fragilisé par une dérive de fond, quand le marketing prend le pas sur la compétence. Des formations qui promettent de maîtriser une technique en quelques heures. Des machines vendues avec des discours qui frôlent l’imposture. Des noms empruntés pour capter une clientèle.

La question que je me pose est simple, et elle mérite d’être posée haut et fort : si votre technique est bonne, pourquoi avoir besoin d’utiliser le nom de quelqu’un d’autre ? Une expertise solide n’a pas besoin d’emprunter la crédibilité des autres.

Trois valeurs pour défendre l’excellence

Face à cette dérive, la profession dispose de leviers concrets. La formation, d’abord : une technique sérieuse demande du temps d’apprentissage et les raccourcis se paient tôt ou tard. La transparence, ensuite, car dire clairement ce que l’on propose, que ce soit une méthode, un matériel, un niveau de formation, n’est pas une faiblesse. C’est un gage de sérieux. 

Le respect des méthodes, enfin : respecter les créateurs, les marques et les protocoles, c’est aussi respecter ses propres clients. Suivre une formation officielle, c’est recevoir bien plus qu’un geste technique. C’est assimiler une philosophie, une compréhension du corps et une responsabilité. C’est ce qui distingue une tendance d’une expertise.

Les clientes, gardiennes de la qualité

La bonne nouvelle dans tout cela ? Les clientes évoluent. Elles posent plus de questions, vérifient les certifications et recherchent activement les praticiens formés. Cette montée en exigence est une chance pour la profession : elle tire le marché vers le haut et récompense ceux qui ont fait l’effort de se former sérieusement.

L’esthétique ne devrait jamais devenir un terrain de confusion ou d’imitation. Elle devrait rester un espace d’excellence, de passion et de vérité. Parce qu’au final, la beauté ne se construit pas sur des copies, mais sur le savoir-faire, l’intégrité et le respect du métier. À chaque professionnel de décider de quel côté il se place.

 

BIO EXPRESS
Double championne du monde en massage, créatrice de deux instituts à Genève, en Suisse, et à Saint-Tropez, Catherine Cerezo organise un challenge gratuit pour transformer votre institut le dimanche 31 août et le lundi 1er septembre à 20h (heure de Paris). Inscription en ligne ICI.

 

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