Actif phare des routines anti-âge depuis plusieurs décennies, le rétinol ne montre aucun signe d’essoufflement. Selon le cabinet d’études Research and Markets, le marché mondial des produits cosmétiques à base de rétinol est estimé à 923,1 millions de dollars, en 2024, et devrait atteindre 1,2 milliard de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel moyen de 4,9%.
«Le boom du segment des soins anti-âge stimule la demande de produits de soin enrichis en rétinol», souligne la société spécialisée dans la veille économique. Dans le même temps, «la préférence croissante des consommateurs pour la transparence sur les ingrédients actifs renforce la confiance dans les formulations à base de rétinol», poursuit-elle.
Vers une adoption élargie à de nouveaux publics
L’essor des marques inspirées de la médico-esthétique remet aussi en lumière les formules concentrées, dans la lignée des protocoles dermatologiques. Dans ce contexte, le rétinol se réinvente à travers des galéniques plus performantes et mieux tolérées. L’encapsulation améliore son efficacité, tout en limitant les risques d’irritation, tandis que les formules gagnent en polyvalence en associant peptides, niacinamide ou céramides, détaille l’étude.
Autre moteur de croissance : la montée du « skin minimalism », qui encourage l’usage de produits à la fois simples, efficaces et multifonctionnels. Résultat, les crèmes et lotions à base de rétinol dominent les ventes, avec des prévisions atteignant 519,6 millions de dollars d’ici 2030 (+5,7% par an), devant les huiles et sérums (+5,1%).
Enfin, le rétinol ne se limite plus à un usage féminin. Sa pénétration dans la cosmétique masculine progresse, portée par des gammes unisexes et le grooming. À cela on peut ajouter l’influence des cosmétiques asiatiques (K-beauty et J-beauty), qui stimule le développement du segment en Asie-Pacifique.

Une croissance sous tension géopolitique
Reste une incertitude : l’environnement géopolitique mondial, de plus en plus instable, pourrait ralentir la progression du marché. Structurée autour de grands acteurs comme L’Oréal, Johnson & Johnson, Estée Lauder ou Beiersdorf, l’industrie du rétinol doit composer avec des tensions commerciales persistantes.
Le rapport évoque des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, l’impact durable des droits de douane hérités de l’ère Trump, ainsi que des ajustements de prévisions tenant compte de l’incertitude économique et des mutations structurelles de la mondialisation. Autant de facteurs à surveiller, alors même que la demande demeure, quant à elle, bien orientée.
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