Depuis 2021, le CBD (cannabidiol) s’est largement démocratisé en France. Présent dans les cosmétiques, produits de vapotage ou compléments alimentaires, il est vendu dans près de 1 500 boutiques spécialisées, chez de nombreux buralistes, en pharmacie et en ligne. En 2022, 16,4% des adultes en avaient déjà consommé.
Pour autant, l’Anses a lancé ce vendredi une alerte : malgré sa large diffusion, le cannabidiol n’a jamais été enregistré auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), comme l’exige le règlement Reach, «et ce, malgré sa production significative et une utilisation en forte croissance», relève l’Agence nationale de sécurité sanitaire.
Aucune évaluation officielle des risques sanitaires n’est donc disponible. Des études animales révèlent néanmoins des effets néfastes sur la fertilité, une hausse de la mortalité périnatale et des troubles du neurodéveloppement.
CBD : une proposition de classification
L’analyse du danger du CBD a été réalisée à partir «de la littérature scientifique et des données accessibles pour les essais pré-cliniques conduits dans le cadre de l’autorisation de mise sur le marché aux États-Unis et dans l’Union européenne de l’Epidyolex», un médicament utilisé pour une forme rare d’épilepsie chez l’enfant et qui contient du cannabidiol, précise l’Anses.
L’Agence de sécurité sanitaire recommande de classer le CBD comme toxique pour la reproduction (catégorie 1B), avec les mentions de danger H360FD (peut nuire à la fertilité, peut nuire au foetus) et H362 (peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel). Le dossier associé à cette proposition a été mis en consultation publique le 17 mars sur le site Web de l’ECHA jusqu’au 16 mai.
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