Le numéro un mondial de l’eau minérale Nestlé Waters aurait pu se passer d’une telle publicité, car la réglementation prévoit qu’une eau ne peut être qualifiée de minérale ou de source que si elle n’a pas subi de traitement de désinfection, ce qui en est une caractéristique essentielle.
Dans le cas de l’eau du robinet, stockée dans des réservoirs et transportée par un réseau de canalisations, le code de la santé publique autorise la désinfection pour éliminer les germes pathogènes, bactéries et virus. Mais pour les eaux vendues en bouteilles, la réglementation européenne, transposée dans le droit français, est bien plus stricte.
Les eaux minérales naturelles et les eaux de source, toutes deux issues du sous-sol, doivent être microbiologiquement saines sans recourir à la désinfection pour éliminer les bactéries nocives. La réglementation autorise uniquement dans les centres d’embouteillage l’usage de filtrations destinées à préserver les équipements comme les pompes et les vannes électriques des particules solides, selon l’Anses.
La composition doit rester stable
La différence entre une eau minérale naturelle comme Evian et Vittel et une eau de source, comme la Cristaline, n’est donc pas dans la latitude laissée dans les traitements mais réside dans la composition en éléments minéraux des premières, tels le magnésium ou le calcium.
Dans le cas des eaux minérales, cette composition doit être stable, ce qui permet aux industriels d’en faire un élément de publicité, comme les eaux sulfatées et leur effet laxatif. Selon Le Monde et Radio France, les pratiques de désinfection concerneraient un tiers des marques d’eaux minérales en France.
L’association de défense des consommateurs Foodwatch a annoncé mardi dernier son intention de porter plainte. «Aucune multinationale n’est au-dessus des lois. Or, il semble que des entreprises aient préféré contourner la loi pour continuer à écouler leurs produits», estime dans un communiqué Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch.
Avec l’AFP.



