Signe des temps, la santé de la femme est au coeur de toutes les préoccupations. En kinésithérapie, les offres ciblant spécifiquement le public féminin se multiplient. Un terrain que, cette année, les centres de thalassothérapie ou de thermalisme ont largement investi, si l’on en croit les offres de cures qui seront mises en avant lors du prochain salon des Thermalies, qui se tiendra du 25 au 28 janvier au Carousel du Louvre, à Paris.
La ménopause, une nouvelle étape
Longtemps passée sous silence, la ménopause s’affiche aujourd’hui sous les feux de la rampe. Séjours «ménopause» entre femmes pour affronter cette période d’intense changement hormonal, cures dédiées pour apprendre à vivre cette période, difficile à vivre sur le plan physique ou moral : cette étape de la vie d’une femme devient aujourd’hui un enjeu important.
Thalazur a fait appel à Sophie Kune, auteur du livre «Game is not ovaire» (éditions Marabout), pour concevoir une cure de 6 jours. La fondatrice du compte Instagram @Ménopause Stories a listé et évalué les 34 symptômes de la ménopause, puis défini, avec les équipes du groupe de thalasso, cinq piliers pour créer un programme spécifique : alimentation vitaminée, activité physique, équilibre émotionnel, mis en place dans sept des établissements Thalazur.
À Concarneau (Finistère), la thalasso a baptisé sa cure ménopause de 6 jours «Second printemps», avec un programme inédit, pour apprivoiser cette période de bouleversement hormonal. Elle associe les soins thalasso à la naturopathie, aux Fleurs de Bach et à la médecine chinoise traditionnelle, pour laquelle le second printemps symbolise la renaissance, la libération et la sérénité.
Un virage effectué aussi par le centre thermal de Brides-les-Bains (Savoie)… Le séjour Meno’Pause est animé pendant 9 jours par des professionnels qui vont suivre et guider les curistes dans cette période délicate. Ces derniers pourront recevoir et suivre plus de 51 soins et activités, avec un entretien individuel avec un diététicien en début de séjour, puis un bilan en fin de cure.

L’endométriose, une affection mal connue
Cette maladie gynécologique est encore mal connue. Pourtant, elle touche 10% des femmes. Responsable de vives douleurs dans le bas-ventre et de problèmes d’infertilité, elle se caractérise par la formation de tissus semblables à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus.
S’il n’existe pas à ce jour de technique de dépistage de la maladie, l’eau sulfureuse contribuerait à réduire l’inflammation de l’endomètre. Plusieurs centres thermaux proposent aujourd’hui des cures spécifiques. Les thermes de Saujon (Charente-Maritime), en particulier, a lancé un séjour «endométriose/adénomyos», une forme d’endométriose interne à l’utérus, de 5 jours.
Cette cure comporte les soins thermaux de la cure conventionnée, des ateliers psycho-éducatifs et un suivi évaluait individualisé. Il s’agit ici de caractériser les symptômes de l’endométriose, de prendre confiance dans son corps, de se sensibiliser à des pratiques sportives et de découvrir les bases de l’alimentation anti-inflammatoire.
Luz-Saint-Sauveur, dans les Hautes-Pyrénées, propose une mini-cure thermale «Endométriose» de 6 jours de soins. À défaut de soigner la maladie, ces programmes permettent d’en soulager les effets avec trois soins thermaux gynécologiques par jour (irrigation vaginale, douche générale au jet, couloir de marche, compresses, columnisation). Le programme comprend aussi deux séances d’aquagym, un cours de yoga, une séance de méditation, deux cours de gym et un accès libre à l’espace balnéothérapie.
Toujours dans le même esprit, les thermes de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) ont conçu une cure de 18 jours avec des soins ciblés, mais aussi des ateliers pour mieux vivre la maladie : des conférences animées par une sage-femme, de la relaxation, du yoga, du stretching, de l’aquagym, de la phytothérapie, de l’hypnose et de l’ostéopathie.
Des soins après un cancer du sein
Plus de 42 000 cas chaque année en France : c’est le cancer féminin le plus fréquent. Il fait aussi partie des cancers les mieux soignés. Seulement, même en cas de rémission, la phase post-cancer nécessite un soutien, d’où l’intérêt de la thalasso et des thermes pour ce type de cure.
Les Thermes Marins de Saint-Malo ont monté trois nouvelles offres pour ce type de séjour : le forfait «Vitalité» d’une demi-journée, l’escapade «Renouveau» de deux jours et le séjour «Mer & Post Cancer» de 6 jours, avec un programme personnalisé de 18 soins pour se réapproprier son corps en douceur.
La nouvelle thalasso Roz Marine, à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), a imaginé un forfait Immersion «Douce Renaissance», pour se reconstruire physiquement et moralement. Le programme, qui peut être modulé en 4 ou 6 jours, comprend 12 ou 18 soins individuels, ainsi que 2 à 4 activités sportives.
Forts d’une certaine expérience dans l’accompagnement post-cancer du sein, les Thermes de Vichy (Allier) proposent, eux aussi, des programmes de 6, 9 ou 12 jours, avec des soins adaptés, des prestations détentes, des entretiens et ateliers spécifiques.
À Balaruc-les-Bains (Hérault), la cure thermale post-cancer du sein s’étend sur 18 jours, pour accompagner la convalescence des patientes en rémission. Les curistes bénéficieront, en plus de leur cure, d’un suivi à 6, 12 et 18 mois, effectué par le Centre de recherches Jean Perrin, à Clermont-Ferrand. Chaque parcours de soins se termine par une immersion en piscine d’eau thermale avec le système Sublio, une biotechnologie exclusive, fondée sur l’hyperionisation des eaux.
Microbiote et intestin irritable
Santé toujours, avec le syndrome de l’intestin irritable, qui toucherait 10 à 15% de la population française, principalement des femmes. Phénomène bénin, mais très inconfortable pour les personnes touchées. Aujourd’hui, le microbiote fait l’objet de toutes les attentions. Et les établissements thermaux, tout comme les thalassos, proposent de plus en plus de cures dédiées.
En collaboration avec Audrey Lienard et Audrey Ho Van Cam, fondatrices de Ginette et Josiane, la première plateforme dédiée au syndrome de l’intestin irritable, Alliance Pornic a créé une cure de deux semaines, au cours desquelles les deux coachs partageront les clés d’un quotidien apaisé et plus digeste.
Spécialisée dans les troubles digestifs, la station thermale de Châtel-Guyon, surnommée la «Station thermale de l’intestin», décline un concept médical innovant, le thermalisme du microbiote, qui s’articule autour d’une nutrition personnalisée, d’une approche micronutritionnelle et de soins dédiés au confort abdominal.
La cure de 18 jours est aussi disponible en version courte de six jours. Elle permettrait de soulager aussi bien les colopathies fonctionnelles, les colites et les maladies inflammatoires chronique de l’intestin.
L’IA à la rescousse de l’anti-âge
C’est une tendance qui s’implante un peu plus chaque année, et l’édition 2024 ne manque pas à la règle. À défaut de guérir, les thalassos et les centres thermaux promettent des résultats notables sur l’aspect de la peau et la tonicité du corps.
À Emeria Dinard (Ille-et-Vilaine), la nouvelle cure «Ma parenthèse beauté» combine soins thalasso et spa, grâce à l’intelligence artificielle. En début de séjour, un diagnostic de peau avec l’IA Check permet d’analyser les besoins de la peau et d’adapter le traitement à chaque curiste. Les protocoles combinent ensuite soins manuels, technologies de pointe (JetPeel et Waves 2) et soins thalasso classiques.





