Retracer l’itinéraire d’un baigneur à travers les installations des bains romains, c’est aussi découvrir leur étonnante organisation architecturale, qui prend en compte les différentes étapes du rituel thermal, des vestiaires à la salle des massages.
Muni de son matériel de bain (abalastre, éponge et strigile), le baigneur pénètre d’abord dans le vestiaire (apodyterium), une pièce équipée de bancs de pierre et de niches, pour y déposer ses vêtements. Il se rend ensuite dans le caldarium, une salle destinée à la sudation avec un bassin d’eau à 40°C, avant de se racler l’épiderme avec le strigile, pour enlever la sueur, dans un petit espace appelé destrictarium.
Dans les grands thermes, le nettoyage de la peau, à l’aide d’éponges et de pierres ponces, peut se poursuivre dans un laconicum (étude sèche) ou un sudatorium (étuve chaude et humide). Souvent, le plancher brûle les pieds du baigneur qui doit porter des socques en bois ! Arrive ensuite l’étape suivante : le frigidarium, dont le nom se passe de commentaire !
La transition est brutale, entre le chaud et le froid, mais cette étape est fortement recommandée par les médecins de l’époque, qui la considèrent comme un remède miracle pour raffermir les chairs Pour les plus frileux, le passage peut se faire en douceur, grâce à un bassin intermédiaire, le tepidarium, où l’eau est à 25°C.
Massage et épilation dans l’unctorium
Le Romain finit son parcours dans l’unctorium (salle de soins), où il se fait masser, épiler et frictionner à l’huile parfumée. Le massage peut durer longtemps et se terminer par l’épilation des aisselles, à la pince ! Pour éviter les démangeaisons, on lui applique une pâte à base de saindoux et d’ellébore blanc.
Certaines salles possèdent peu d’ouvertures sur l’extérieur pour mieux garder la chaleur, d’autres sont pourvues de vastes baies pour laisser entrer généreusement la lumière. Dans les grands établissements, des jardins, des bibliothèques ou des salles de sport, voire des bars et des boutiques, permettent de prolonger le moment passé aux thermes.
Leur conception n’a rien à envier à nos «resort spas» modernes : les thermes de Dioclétien, situés au nord de Rome, s’étendent sur treize hectares, comportent chutes et cascades d’eau et accueillent plus de 3 000 baigneurs. Ces installations étaient généralement conçues sur trois niveaux, chacun d’entre eux ayant une fonction précise : l’approvisionnement en eau, les locaux techniques et les espaces réservés aux usagers.





