Les artisans et les commerces de proximité ont repris le chemin de la croissance, tout en augmentant leurs effectifs, mais ils peinent toujours à recruter, selon deux enquêtes U2P-Xerfi.
Artisanat, professions libérales, petit commerce : la croissance est bien au rendez-vous des entreprises de proximité. Leur chiffre d’affaires global a fait un bond de 11% au quatrième trimestre 2021, dépassant celle de l’économie française (+7,8%) au cours de la même période, selon deux enquêtes réalisées par Xerfi Spécific pour le compte de l’U2P auprès d’un panel de 7 675 entreprises.
Ce sont le commerce alimentaire de proximité et l’hôtellerie-restauration qui tirent cette croissance vers le haut avec un rebond de 63,5%, devant les professions libérales (+8%) et l’artisanat (+7,5%), selon ces études. Le niveau de chiffre d’affaires réalisé en 2021 par l’ensemble des entreprises de proximité reste toutefois inférieur de plus de trois points (-3,2%) à celui de 2019, «avec de grandes disparités selon les secteurs : +7,3% pour l’artisanat du bâtiment ; -42% pour les HCR», précise l’U2P dans un communiqué.
Autre bonne nouvelle : ce regain d’activité s’est accompagné d’une hausse des embauches, notamment dans l’hôtellerie-restauration. Ainsi, 28% des employeurs, parmi ceux qui possèdent au moins un salarié, ont recruté entre juillet et décembre 2021. «C’est 10 points de plus qu’au cours du 1er semestre 2021 et 6 points de plus que lors du dernier pic d’embauche (1er semestre 2017). La moyenne a été de 2 recrutements par entreprise», détaille l’U2P.
Absence de candidatures
Dans ce contexte, l’apprentissage a représenté 14% des recrutements, contre 46% d’embauches en CDI, 39% en CDD et 1% en contrats de professionnalisation. «Un record absolu», souligne l’U2P, qui estime que cette tendance devrait perdurer. En effet, 61% des chefs d’entreprise de proximité prévoient de recruter en CDI au 1er semestre 2022.
Reste un problème récurrent pour les employeurs : des difficultés de recrutement, notamment dans l’artisanat du bâtiment. Elles concernent désormais plus d’un tiers (35%) des entreprises de proximité, soit +5 points par rapport au semestre précédent. «Comme explication de ce déficit d’embauches, l’absence pure et simple de candidatures (70%) a largement pris le pas sur le manque de qualification des candidats (55%)», fait remarquer l’U2P.
Pour y répondre, deux pistes sont mises en avant : l’amélioration des conditions de travail – 18% des répondants, mais 34% dans l’hôtellerie-restauration et 27% dans les travaux publics -, et une hausse des salaires : 14% des chefs d’entreprises, tous secteurs confondus, mais 36% dans l’hôtellerie-restauration et 20% dans l’artisanat du bâtiment.



