Le plan d’aides aux indépendants dévoilé ce lundi par le gouvernement prévoit une extension du fonds de solidarité pour les petits commerçants et les artisans, hors du secteur du tourisme, et un dispositif pour revitaliser les centres-villes avec des locaux à loyer modéré.
La Banque des territoires va ainsi déployer avec les collectivités jusqu’à 100 foncières pour acquérir et rénover au moins 6 000 commerces sur cinq ans, afin de dynamiser les centres-villes délaissés, selon un document du ministère de l’Économie. «Ces opérations contribueront à la lutte contre la vacance commerciale qui a doublé en France durant les dix dernières années, et à proposer des locaux à loyer modéré aux commerçants et artisans», d’après ce texte.
La Banque des territoires apportera 300 millions d’euros de fonds propres et distribuera 500 millions d’euros de prêts pour cette opération, tandis que «l’Etat travaillera avec les territoires pour financer une solution d’équilibre», a déclaré la secrétaire d’État à l’Économie Agnès Pannier-Runacher au cours d’un point presse.
Le but est aussi de proposer des locaux qui répondent mieux aux besoins des commerçants, a-t-elle précisé, ajoutant que ces projets s’appuieront, «en partie», sur des sociétés existantes. «Nous en créerons là où il n’y en a pas», a encore indiqué Agnès Pannier-Runacher, avant la présentation du troisième projet de loi de finances rectificative (PLFR 3) à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.
Aménagement du fonds de solidarité
Pour les petits commerçants ou artisans, le gouvernement prévoit aussi une prolongation en juin du fonds de solidarité hors du secteur du tourisme, pour lequel cette mesure était déjà prévue. Cette prolongation coûtera 500 millions d’euros et fera l’objet d’un amendement au PLFR 3, a détaillé la secrétaire d’État.
Elle vient s’ajouter à 400 millions d’euros d’allègements de charges déjà inclus dans le projet de loi. De plus, pour bénéficier du second volet destiné du fonds de solidarité, destiné aux petites entreprises en difficulté, la condition de refus d’un prêt garanti par l’Etat sera supprimée.
Enfin, le gouvernement veut accompagner dès le mois de juillet les TPE pour faciliter leur transition numérique, partant du constat que les entreprises ayant une présence sur Internet sont plus résilientes que les autres, notamment en cas de résurgence de l’épidémie. «Il s’agit aussi d’un enjeu structurel à plus long terme pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation et à la concurrence des plateformes de commerce en ligne», souligne Bercy dans son document.



