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Thermalisme : les tarifs de remboursement jugés insuffisants par des professionnels

Outre l’impact d’une cessation d’activité de plus de trois mois, qui devrait représenter près de la moitié du chiffre d’affaires annuel, le surcoût induit par l’application du protocole sanitaire vient compliquer la gestion des établissements, rapporte Le Monde.

«Dans le meilleur des cas, ce sera entre 40% et 50% de perte d’activité. Heureusement, nous avons été entendus par l’Etat. Les établissements thermaux ont pu bénéficier du chômage partiel et de l’accompagnement de la banque publique d’investissement», déclare au Monde Jean-Bernard Sempastous, député (La République en marche) des Hautes-Pyrénées et président du groupe d’études sur le thermalisme à l’Assemblée nationale.

L’ampleur du choc financier a été à peu près la même dans les 90 viles thermales de France, rappelle le quotidien du soir. «Aujourd’hui, nous prévoyons une chute d’activité de 40 % pour nos vingt stations», confirme Eléonore Guérard, la présidente de la Chaîne thermale du soleil. La baisse de la fréquentation pourrait même atteindre 45% des 600 000 curistes enregistrés habituellement chez Valvital.

« La situation est dramatique »

Mais, à ce premier choc financier, vient s’ajouter la mise en place d’un protocole sanitaire de 29 pages rédigé par la Direction générale de la santé (DGS). Si ces préconisations ont été globalement bien accueillies par la profession, elles pèsent aussi sur les comptes, souligne Le Monde. «J’ai dépensé 29 000 euros, en particulier pour l’installation de cloisons dans les espaces de soins, et il faut ajouter les frais de personnel supplémentaire», détaille, par exemple, le directeur des thermes du Mont-Dore, Loïc Mesure.

Problème : «rapporté au prix des soins d’une cure thermale, entre 500 et 600 euros, cela réduit la marge bénéficiaire à néant», relèvent les professionnels. Pour Bernard Riac, la pérennité de l’activité thermale est en jeu. «Si vous mettez tout bout à bout, cela représente un surcoût de 75 euros par curiste. Nous n’avons pas les marges suffisantes pour supporter un tel montant. Il faut que la Sécurité sociale comprenne qu’on ne peut pas fonctionner avec les tarifs actuels de remboursement. Si elle ne tient pas compte de cela, tous les établissements seront en difficulté. La situation est dramatique», met ainsi en garde le PDG de Valvital.

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